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Full text of ""L'Affaire Dreyfus" : catalogue descriptif des cartes postales, illustrees, francaises et etrangeres parues depuis 1894"

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Collection  de  l'Histoire  par  la  Cartophilie 

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''  L'Affaire 


Dreyfus  " 


Catalogue   T)escriptif  des   Cartes  Postales  illustrées 

françaises  et  étra^igères 
PARUES     DEPUIS     1894: 

Dressé  par  M.   XAVIER  GRANOUX 
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Avant-Propos  et  Notices  de  Ch.  Fontane 

OUVRAGE    ORNÉ     DE    TROIS    PLANCHES    HORS     TEXTE    ET     DE    NO?aBRFUX    DESSINS 


PARIS  (IXO 

H.    DARAGON,    Éditeur 

30,  Rue  Duperré,  30 
1903 


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L'Affaire  Dreyfus  " 


droits  de  reproduction  et  de  traduction  réservés  pour  tous  pays, 
y  compris  la  Suède,  la  Norvège  et  le  Danemark 

S'adresser  pour  traiter  à  la  librairie  H.  Daragon,  à  Paris 


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EN      PRÉPARATION 

Dans    la    même    Collection    : 

L'Alliance  Franco-Russe. 

La  Guerre  du  Transwaal. 

Les  Couronnements  (Edouard  VII,  Alphonse  XIII). 

L'Affaire  Humbert. 

J)' autres  volumes  sont  actuellement  à  l'étude 
^1*1^ 


Il  a  été  tiré  de  cet  ouvrage 

10  exemplaires  sur  hollande; 
5  exemplaires  sur  japon. 


Collection  de  l'Histoire  par  la  Cartophilie 


"L'Affaire 

Dreyfus  " 

'  Catalogue   T)escriptif  des   Cartes  Postales  illustrées 

françaises  et  étrangères 
PARUES     DEPUIS     1894 

Dressé  par   M.   XAVIER   GRANOUX 
@$^ 

Avant-Propos  et  Notices  de  Ch.  Fontane 

OUVRAGE    ORNÉ     DE    TROIS    PLANCHES    HORS     TEXTE    ET     DE    NOMBREUX    DESSINS 

PARIS  (IX') 
H.    DARAGON,    Éditeur 

30,  Rue  Duperré,  30 
1903 


L'Histoire  par  la  Cartophilie 


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Ail  point  de  vue  politique; 
la  Carte  sera  un  formidable 
adjuvant  aux  journaux  illus- 
trés satiriques  et  pamphlé- 
taires. 

EiiiLE  Straus. 

(La  carte  postale  illustrée  1899) 


AVANT-PROPOS 


Au  moment  où  la  carte  à.' actualité  se 
partage  avec  la  carte-mie  les  faveurs  du 
public,  il  nous  a  paru  intéressant  de  pré- 
senter  à   celui-ci   la    nomenclature    des    car- 


-     2    — 

tons  qui,  dans  cette  «  Affaire  »,  ont  servi 
les    humaines    passions. 

Dans  ce  travail  de  pure  cartophilie  où 
toutes  les  cartes  postales  françaises  et  étran- 
gères, pour  OM  contre  Dreyfus,  que  nous 
avons  eues  sous  les  yeux,  ont  été  soigneu- 
sement consignées,  nous  avons  apporté  toute 
notre    indépendance    d'homme    libre. 

Ajoutons  encore  que  le  souci  de  flatter  les 
goûts  de  l'amateur  iconographe  nous  a  seul 
guidé  dans  le  choix  des  pièces  illustrées 
que    nous  reproduisons. 

Pour  ceux  qui  voudraient  voir  autre 
chose  dans  notre  œuvre,  nous  rapporterons 
ce    mot   de   Henriot  : 

—  Et  vous,  pour  qui  êtes-vous,  pour  Zola 
ou   contre    Dreyfus  ? 

—  Moi   je    suis    pour  la  France  ! 

Ceci  dit,  nous  nous  faisons  un  devoir 
de  remercier  nos  excellents  collègues  MM. 
Constantin  Gowen  et  H.  Baguenier  Desor- 
meaux  qui,    en    mettant    à    notre    disposition 


3 


leurs  si  abondantes  collections,  auront  été 
les    meilleurs    auteurs  de    cet   ouvrage. 

Nous  remercions  aussi,  et  tout  particuliè- 
rement, M.  Alphonse  Ochs,  qui  sur  cette 
tènèhreuse  affaire  est  certainement  l'homme 
le  mieux  documenté  de  France,  pour  les 
précieuses  pièces  qu'il  a  bien  voulu  distraire 
de   son    album    unique    par    la    qualité. 

Arrivant  premier  sur  un  terrain  non 
défriché,  il  se  peut  que  nous  soyons  incom- 
plet, surtout  n'ayant  décrit  que  les  cartes 
que  nous  avons  eues  entre  les  mains  ;  tou- 
tefois, nous  noterons  ici  trois  pièces*  sur 
lesquelles  nous  n'avons  pu  recueillir  que 
ces  renseignements  :  1"  une  carte  par  Jossot 
représentant  du  Paty  de  Clam  et  le  R. 
P.  du  Lac,  tenant  un  éteignoir,  reproduite 
dans  un  fascicule  de  John  Grand-Carteret, 
((    V Affaire    et    V Image    »,    publié    par    le 


*  Etaut  tombées  en  notre  possession  depuis  que  ces  lignes  ont 
été  tracées,  le  lecteur  les  trouvera  décrites  dans  le  courant  de  ce 
volume.  (N,  de  l'Editeur). 


i    — 


journal  Le  Siècle  ;  2"  une  carte  de  la  Révi- 
sion de  Maurice  Sloog  ;  3°  de  Ernest  La 
Jeunesse,  une  carte  allégorique  du  Complot, 
toutes  signalées  dans  le  très  bel  article  de 
notre  confrère  Georges  Bans,  écrit  en  1900 
pour    la    Remis   Encyclopédique   Larousse. 

En  compensation,  nous  avons  la  bonne 
fortune  de  pouvoir  offrir  la  reproduction  de 
la  fameuse  carte  commémorative  du  Procès 
Dreyfus,  aux  armes  de  Rennes,  dite  carte 
violette,  imprimée  avec  le  cliché  détériore 
que  nous  a  très  obligeamment  communiqué 
l'artiste*. 

On  appréciera  la  valeur  d'un  pareil  docu- 
ment, si  l'on  s'en  rapporte   à  l'écho  suivant  : 

«  Un  riche  Rouennais  eut  un  jour  le  désir 
de  posséder  toutes  les  cartes  postales  qui  avaient 
paru   tant   en  France  qu'à  l'Etranger,   au  sujet 


*  On  sait  qu'une  photogravure  ne  peut  être  obtenue  sur 
un  dessin  au  bleu,  pas  plus  que  d'après  un  imprimé  violet  ; 
donc  la  reproduction  nous  en  eût  été  impossible  sans  ce 
cliché    sur    lequel    la    carte    originale    a    été    tirée. 


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de  «  l'Affaire  Dreyfus  »,  Il  fallut  de  longs 
mois  pour  réunir  cette  curieuse  collection, 
mais  cette  fantaisie  coûta  So.ooo  francs  au 
collectionneur. 

On  ne  s'étonnera  pas  de  ce  prix,  qui  peut 
paraître  fabuleux,  dépensé  pour  de  simples 
images  postales,  mais  aujourd'hui  ces  images 
sont  devenues  très  rares  et  par  conséquent 
très   chères  ». 

Ainsi  ((  l'Histoire  d'un  crime  »,  en  trois  séries 
illustrées,  que  publia  le  dessinateur  Couturier 
et  qui  eut  un  si  grand  succès,  est  à  peu  près 
introuvable,  et  certaine  série  qui  se  vendait 
alors  I  fr.  5o,  se  paie  maintenant  loo  francs. 
La  carte  postale  comme morative  du  Procès 
Dreyfus,  du  même  artiste,  qui  coûtait  autre- 
fois  2    fr.    vaut  60  et   "jo  francs.   » 

Ainsi  s'explique  la  vogue  dont  jouit  actuel- 
lement la  carte  d'actualité,  que  des  ama- 
teurs achètent  en  double  et  triple  exemplaire, 
avec  le  ferme  espoir  de  les  voir  un  jour 
suivre    la   même    progression. 

C'est   ce    que    nous  leur   souhaitons. 

Ch.  F. 


"  L'AFFAIRE  DREYFUS  " 


Catalogue  descriptif 

des  cartes  postales  illustrées  françaises 

et  étrangères 


Histoire  d'un  Grime.  18  cartes  postales  par 
Couturier,   divisées   en  3  séries,    Paris  1899. 

Une  quatrième  série  annoncée  et  qui  n'a 
point  paru  devait  comprendre  le  procès  de 
Rennes,  l'assassinat  de  M^  Labori,  etc., 
mais  telle  qu'elle,  cette  suite  est  par  la 
vigueur  de  ces  dessins  et  l'âpreté  des 
textes,  l'une  des  plus  importantes  et  des 
plus   estimées. 


—     8    - 

I.  Au  BEAU  COUP  DE  FAUX.  A  gauche, 
Cavaignac  transpercé  par  une  faux,  dans 
son  dos  on  y  lit  cette  inscription  :  Ait  beau 
coup  de  faux.  A  droite,  le  colonel 
Henry    étendu    mort  dans   sa    cellule. 

« 

Légende.  —  Le  7  Juillet  1898,  M.  Cavai- 
gnac, ministre  de  la  guerre,  prononce  un 
discours  à  la  chambre  des  députés.  La 
seule  pièce  incriminant  Dreyfus  est  la 
pièce  :  «  Je  dirai  que  jamais  j'avais  des 
relations  avec  ce  juif  ».  Le  discours  est 
affiché  dans  toutes  les  communes  de 
France,  voté  par  la  majorité.  Mais  le 
colonel  Picquart  accusa  cette  pièce  d'être 
un  faux  ;  en  une  lettre  à  M.  Cavaignac,  il 
désigna   le  coupable. 

Henry,  lieutenant-colonel  fut  arrêté,  il 
avoua.  Incarcéré,  il  ne  put  survivre  à  son 
épouvantable  crime,  «  Il  se  trancha  la 
gorge  ?   ». 


—    9    — 

II.  M.  Hanotaux,  ministre  des  affaires 
ÉTRANGÈRES.  Dessiii  à  gauche,  M.  Hanotaux 
dans  le  costume  d'académicien  avec  cette 
inscription  dans  le  dos  :  Aie  cardinal 
tralts-d'unlon.^  et  de  conflits,  à  droite, 
Lemercier-Picard  pendu  à  l'espagnolette 
d'une    fenêtre. 

Légende.  —  Un  agent  secret  apporta  au 
quai  d'Orsay  une  collection  de  lettres 
signée  Dreyfus,  adressées  à  l'empereur  d'Al- 
lemagne, accompagnée  d'une  lettre  autogra- 
phe de  Guillaume  II.  M.  Hanotaux, 
ministre  des  affaires  étrangères,  paya  ces 
pièces  historiques  27.000  fr.,  les  pièces 
furent  reconnues  fausses.  En  une  entrevue 
secrète  à  l'Elysée,  M.  Casimir  Périer,  pré- 
sident de  la  République  remit  les  faux  à 
M.  de  Munster,  ambassadeur  d'Allemagne. 
(Ces  pièces    n'existent    pas   !). 

Trois    ans    plus     tard    le...     l'auteur     des 
lettres    se    révéla    Lemercier-Picard,   collabo- 


—   10    — 

rateiir  d'Henry  et  d'Esterhazy.  On  recher- 
cha ce  témoin  on  le  retrouva  pendu  à 
Vespagnolette   d'une    fenêtre  ? 

III.  Le  Bordereau.  Les  experts  l'exami- 
nant,   dessin    à   gauche. 

Légende.  —  M.  Gobert,  expert  de  la 
Banque  de  France  et  de  la  (lour  d'appel, 
fut  chargé  par  le  général  Gonse  d'exami- 
ner les  documents  incriminant  Dreyfus.  Le 
13  octobre  1894,  il  répondit  :  «  La  lettre- 
missive  incriminée  paraît  être  d'une  per- 
sonne autre    que  la  personne  soupçonnée.   ». 

Mais  du  Paty  de  Clam  fît  disqualifier  l'opi- 
nion de  M.  Gobert  en  accusant  ce  dernier  de 
juger  de  parti  pris.  Le  premier  conseil  de  guerre 
versa  au  dossier  l'opinion  de  du  Paty  de  Clam 
et  rejeta  l'avis  honnête  de  M.  Gobert.  Et  ce 
fut  le  systématique  Bertillon  qui  triompha,  il 
fit  des  expériences  microphotographiques  en 
présence  de  du  Paty  de  Clam,  Henry  et  Gonse, 
qui  ne  purent  que  «  charmer  ces  Messieurs?  ». 


—  11  — 

On  en  profita  pour  altérer  le  raisonnement  de 
M.  Gobert  qui  a  écrit  «  parait-être  »  et  auquel 
on  fait  dire  «  pourrait-ètre  ». 

IV.  EsTERHAZY.  Le  comte  W  alsin-Esterhazy 
en   uniforme    de    Uhlan,    dessin    à   gauche. 

Légende.  —  Le  bordereau  consiste  en  une 
lettre    missive  écrite  sur   papier  pelure. 

Or,  en  décembre  1898,  la  Cour  de  cassation 
fit  saisir  chez  un  huissier  un  papier  pelure 
semblable  à  celui  du  bordereau,  ce  papier 
avait  été  déposé  chez  ce  fonctionnaire  par  le 
commandant  Comte  Walsin-Esterhazy.  Le 
commandant,  aujourd'hui  mis  en  réforme, 
est  l'auteur  des  épîtres  à  Madame  de  Bou- 
lancy  où  il  s'écrie  :  «  Je  ne  ferais  pas  de 
mal  à  un  petit  chien,  mais  je  tuerais  cent 
mille  français  avec  plaisir.  »  Depuis  cette 
découverte,  Esterhazy  a  quitté  la  France, 
il  a  avoué  avoir  écrit  le  bordereau.  Ce  traître 
était  appointé  par  le  colonel  prussien 
Schwarzkoppen,  auquel    il  vendait  les  secrets 


—   12    — 

de    la    Défense    Nationale    et    il    a    juré    de 
venir    mettre    Paris    à    feu    et    à    sang    à    la 
tête   de    son   escadron   de    uhlans. 
Voilà  le    traître  ! 

V.  Edhice  public.  Vespasienne  servant  pour 
changement   de   décors,    dessin   à   gauche. 

Légende.  —  ((  Les  rendez-vous  de  noble 
compagnie,  se  donnent  tous  en  ce  charmant 
séjour.  » 

Nous  voici  transportés  en  pleine  féeine, 
disparitions,  apparitions,  transformations, 
fuites,  petits  faux,  doubles  faux,  calques  et 
décalques,  échange  de  claques  sur  chef  de 
chef  de  claques. 

Cette  vulgaire  vespasienne  appartient 
cependant  à  l'histoire  :  Voilà  le  «  temple 
du  secret  professionnel  »  douce  féerie 
odoriférante.  En  cet  endroit  où  le  papier 
est  si  peu  nécessaire  nuitamment,  Ester- 
hazy  et  le  lieutenant-colonel  du  Paty  de 
Clam  échangeaient  des    petits  papiers    modi- 


—  13  — 

ficateurs.  L'ordre  et  la  marche  du  cor- 
tège. «  L'ordre  et  la  marche  du  corps 
tachent  !    ï>. 

Pstt  !...    par   ici,   Colonel  î 


VL  La  Dame  voilée.  Esterhazy  en  con- 
versation avec  la  dame  voilée  qui  est, 
d'après  le  dessinateur,  le  colonel  du  Paly 
de  Clam,    dessin    à   gauche. 

Légende.  —  ((  Laisse -moi,  laisse -moi 
contempler  ton  visage  à  la  pâle  clarté  de 
l'astre    de    la  nuit.    » 

Cette  fois  c'est  presque  une  aventure 
galante.  Aussi  les  juges  du  conseil  de 
guerre,  auxquels  Esterhazy  raconta  cette 
histoire,  eurent-ils  un  sourire  discret,  le 
sourire  de  l'esprit  de  corps  (de  garde) 
((  n'oublions  pas  que  le  militaire  est  avant 
tout    un    conquérant. 

—  Je  reçus  une  lettre,  déclara  le  cher 
commandant,   me    fixant    rendez-vous    à  telle 


—    14   — 

heure   de    la    nuit   sur  la    butte   Montmartre, 
près  le   Sacré-Cœur. 

—  Or,  une  dame  voilée  se  présenta,  me 
remit  les  documents  que  vous  possédez  et 
s'enfuit  rapidement  dans  un  coupé  de  maî- 
tre. Et  sur  la  foi  du  serment,  il  affirma 
n'en    savoir   pas   plus    long. 

VII.  Général  Mercier.  Le  Général  Mer- 
cier assis  à  une  table,  debout  derrière  lui, 
du  Paty  de  Clam,  Gonse,  de  Boisdeiïre, 
dessin   à    gauche. 

Légende.  —  Le  Général  Mercier,  qui 
en  1894,  remplissait  les  fonctions  de 
ministre  de  la  guerre,  est  un  bien  singu- 
lier personnage.  Ce  bonhomme  n'a  qu'une 
terreur,  c'est  de  passer  pour  «  une  mou- 
le ».  Aussi  a-t-il  toujours  pris  l'avance 
aux  attaques  en  prévenant  que  «  son 
fiau'  d' artilleur   l'inspirait  en   conséquence. 

Mercier  n'est  pas  une  moule  ?  —  mais 
malgré     son    flair    d'artilleur,    il    n'a  jamais 


—    15   — 

rien  compris  dans  l'affaire  Dreyfus,  il 
l'avoue   lui-même    à   cette   époque. 

—  Voilà  une  affaire  bien  bizarre,  disait- 
il. 

Aussi  le  jésuite  du  Paty  de  Clam,  Gonse 
et  le  Mouton  Boisdelîre  dont  les  aïeux 
servirent  jadis  contre  la  France  dans 
l'armée  de  Coudé,  usèrent-ils  d'un  flair 
d'artilleur  aussi  précieux  ;  ils  escamotèrent 
tout  simplement  le  circonspect  général 
qui,  pour  ne  pas  avoir  l'air  moule,  com- 
prit tout  ce  qu'ils  lui  ordonnèrent  de  com- 
prendre. 

Si  le  général  Mercier  n'est  pas  une 
moule,  il  est  leur  complice.  Ou  il  est 
leur  complice  pour  ne  pas  être  une 
moule    ! 


VIII.  Drumont  et  du  Paty  de  Clam.  A 
droite  de  la  carte  le  colonel  Henry  et  du 
Paty   de   Clam    fabriquant    le    faux.    En   haut 


—  1()  — 

à    gauche,    une    toile     d'araignée    au     milieu 
de    laquelle   se   trouve   la    tête    de    Drumont. 

Légende.  —  Crime,  mensonge,  infamie  ! 

((  L'amorce   prime    le  droit  !  » 

Les  artificiers  de  l' Etat-Major  pilèrent  en 
leur  mortier  des  fusées  crachantes.  Mercier 
n'était  pas  un  anthropophage,  mais  néanmoins 
il  avalait  chaque  matin  son  petit  kilogramme 
de  moules. 

C'était  Du  Paty  de  Clam  qui  se  chargeait 
du  menu  quotidien  qu'il  commandait  au  gluant 
Drumont  qui  était  alors  à  Bruxelles. 

L'arrestation  de  Dreyfus  avait  été  tenue 
secrète,  du  Paty  la  fit  révéler  au  public 
par  la  Libre  Parole  !!!  «  Mercier  est  com- 
plice de  Dreyfus,  Mercier  est  un  espion 
prussien  »  disait  la  feuille  d'Odelin  le 
jésuite.  Menacé  d'être  foudroyé  sous  ce  bom- 
bardement, Mercier  parlementa  !...  le  22 
décembre  1894,  Dreyfus  fut  condamné  à  la 
déportation   perpétuelle   dans  une    enceinte 


—   17   — 

fortifiée    et     à     la     dégradation   militaire. 

IX.  Les  Aveux.  Dreyfus  jurant  qu'il  est 
innocent  après  sa  dégradation. 

Légende.  —  Oui,  Dreyfus  a  fait  des  aveux  ! 
Après  sa  dégradation,  Dreyfus  a  avoué,  non 
seulement  au  capitaine  Lebrun -Renault, 
mais  à  toute  l'armée  française,  à  toute  la 
France,  à  tous  les  français  présents  à  cette 
exécution  criminelle,  Dreyfus  a  fait  des 
aveux  ! 

Les  voici,  ils  sont  inoubliables  : 

Vive  la  France  !!! 

Je  suis  innocent  !!! 

X.  A  l'Ile  du  Diable.  Dreyfus  à  l'Ile  du 
Diable. 

Légende.  —  Voici  VLle  du  Diable  cette 
île  infernale  où  l' Etat-Major  a  relégué  Dreyfus, 
ce  martyr  héroïque  coupable  d'être  imio- 
cent. 

Innocent  des   crimes  commis  par  ses   chefs 


-    18   - 

hiérarchiques,  victime  de  la  haute  trahison 
du  2"  bureau  de  l'Etat-Major  ! 

Innocent  sacrifié  contre  lequel  les  conseils 
de  guerre  n'ont  donné  de  preuves  de  cul- 
pabilité que  le  faux  de  feu  le  lieutenant- 
colonel  Henry  ;  le  bordereau  d'Esterhazy  et 
les  mille  et  une  preuves  verbales  de  l'in- 
fortuné Gavaignac. 

C'est  là,  sur  ce  rocher,  sous  ce  ciel 
incendié,  c'est  là,  que  depuis  quatre  ans  le 
supplicié  crie  son  innocence  aux  flots  de  la 
mer  mugissante  ;  à  la  face  disciplinairement 
muette  de  ses  gardiens  auxquels  ses  accents 
désespérés  arrachent  des  larmes  et  brisent  le 
cœur. 

Voici  l'Ile  du  Diable  I 

XI.  Le  R.  Père  du  Lac  et  de  Pat  y  de  Clam. 
Le  Père  du  Lac  à  gauche  embrassant  du 
Paty  de  Clam  et  à  droite  Esterhazy  jouant 
dans  un  tripot. 

Légende.  —  «  La  condamnation  de  Dreyfus 


—   19  — 

a  été  la  purification  de  l'Etat-Major  !  »  a 
déclaré  son  chef  suprême  le  général  Le 
Mouton  de  Boisdeffre  ;  aussi  Gonse,  du 
Paty  de  Clam,  Lauth  et  Henry  prirent  en 
cet  honneur  un  nouveau  galon  honorifique  ! 

Du  Paty  de  Clam  nommé  lieutenant- 
colonel,  fit  bénir  son  nouveau  grade  par  le 
R.  Père  du  Lac,  son  collaborateur.  Au  tapis 
des  grands  tripots  un  homme  se  distingua, 
il  taillait  des  banques  majuscules  avec,  tou- 
jours de  si  belles  mains,  qu'il  était  le 
désespoir    des   pontes. 

Cet  homme  se  nommait  le  comte  Wal- 
zin-Esterhazy,  commandant  au  74*'  d'infan- 
terie, V homme  de  V Etat-Major,  V auteur 
du  bordereau,  le  uhlan  pontifical  et  natio- 
nal, qui,  pour  chatouiller  la  dame  de  pique 
et  la  dame  de  cœur,  n'hésitait  point  à 
puiser    les    fonds    dans   un   casque    à    pointe. 

Xn.  Le  Procès  Zola.  Emile  Zola  passant 
devant  le  Jury  de  la  Seine. 


—  20  — 

Légende,  —  M.  Bernard  Lazare  révéla 
le  premier  l'innocence  de  Dreyfus^  M.  Scheu- 
rer-Kestner  vint  le  secourir  dans  sa  tâche. 
Puis  ce  fut  M.  Mathieu  Dreyfus,  le  frère 
du  capitaine  déporté,  qui  avait  enfin  décou- 
vert l'auteur  du  bordereau,  le  faisait  pour- 
suivre. L'accusé,  le  commandant  Esterhazy, 
fut   acquitté. 

Alors  un  homme,  que  tout  un  passé  de 
travail  et  d'honneur  glorifiait,  se  leva  indi- 
gné et  lança  un  manifeste  au  Président  de  la 
République. 

J'ACCUSE  !  qui  parut  dans  V Aurore  du 
13  janvier  1898.  Protestation  sublime  ! 
Chef-d'œuvre  enflammé  qui  révolutionna  le 
monde. 

Zola,  audacieusement,  sacrifia  sa  carrière 
de  labeur,  son  nom  d'honnête  citoyen,  sa 
fortune  pour  la  vérité,  pour  la  justice.  «  La 
vérité  est  en  niarclie,  rien  ne  V arrê- 
tera! y> 


—   21  — 

XIII.  Le  Général  Gonse  et  le  Colonel 
PiCQUART.  Le  Colonel  Picqiiart  et  le  Général 
Gonse,  dessin  à  gauche. 

Légende.  —  Un  homme  !  Un  Monsieur 
(dirait  de  Pellieux),  le  lieutenant-colonel 
Picquart,  découvrit  le  Petit  Bleu  écrit  par 
Schwartz  Koppen,  pièce  qui  lui  révéla  la 
culpabilité  d'Esterhazy,  auteur  du  borde- 
reau pour  lequel  Dreyfus  a  été  condamné. 
Sa  conscience  d' honnête  homme  avait 
trop  la  notion  du  bien  et  du  mal,  du  juste 
et  de  l'injuste  et  trop  de  fermeté  en  ses 
principes  pour  ne  point  se  révolutionner. 
Son  cœur  généreux  ne  put  se  contenir  devant 
le  cruel  supplice  infligé  à  V Innocent  déporté 
à  l'Ile  du  Diable,  victime  de  cette  effroyable 
injustice.  Il  alla  trouver  le  général  Gonse 
et  lui  fit  part  de  sa  découverte,  demandant  une 
prompte  réparation. 

Le  général,  un  petit  vieillard  couperosé  lui 
dit    avec  bonhomie,   en   hochant  la  tête  :    SI 


—   22  — 

vous  ne  dites  rien,  "personne  ne  saura 
rien  !  »  Cette  étrange  réponse  délivra  le 
colonel  du  joug  de  la  discipline  hiérarchique 
et  il  secoua  la  fausse  bonhomie  du  singulier 
petit  vieillard  :  «  Mon  général,  s'écria-t-il, 
ce  que  vous  dites  est  abominable,  je  ne 
sais  jjas  ce  que  je  ferai,  mais  je  n'em- 
porterai iKts  dans  la  tombe  un  pareil 
secret!  » 

(A  chacun  le  fruit  de    ses  œuvres). 

XIV.  Les  Colonels  Henry  et  Picquart.  Le 
Colonel  Henry  disant  au  colonel  Picquart  : 
Vous  en  avez  menti.  La  scène  se  passe 
devant  la  Cour  d'assises,  dessin  à  gauche. 

Légende.  —  Le  lieutenant-colonel  Pic- 
quart est  né  en  Alsace  à  Strasbourg,  c'est 
un  homme  d'un  caractère  noble  et  géné- 
reux, ayant  le  mépris  du  mensonge,  pour 
qui  le  plus  grand  des  sacrifices  n'est  que 
le  plus  humble  des  devoirs.  Il  est  resté 
impassible    devant  les     persécuteurs    infâmes 


2P 


o 


et  les  calomnies  les  plus  cruelles  qui  ont 
accueilli  son  œuvre  de  justice  et  de  vérité. 
Il  a  été  emprisonné  pendant  onze  mois 
pour  avoir  voulu  réparer  une  injustice. 
C'est  à  cet  homme  que  le  faussaire  Henry, 
dit  à  la  barre  de  la  Cour  d'Assises  :  Vous 
en  avez  onenti  !  »  Picquart  n'a  jamais 
menti  car  Henry  se  tranclia  la  gorge  9 
Quelque  temps  après  cette  grave  insulte, 
Picquart  devait  avoir  connaissance  de  l'in- 
digne lâcheté  de  ses  adversaires,  de  leur 
vanité  théâtrale  toute  de  bassesse,  de  leur 
hypocrisie  épouvantable  allant  jusqu'au  plus 
bas  des  crimes,  car  avant  d'entrer  en  pri- 
son, il  prit  la  précaution  de  dire  :  Je 
veux  que  Von  sache  que  s  il  s'y  trouve 
le  lacet  de  Le'ïnercier-Picquart  oit  le 
rasoir  d'Henry,  ce  serait  un  assassinat  ! 
Jamais  un  homme  qui  a  la  conscience  pure 
ne  se  suicide  et  je  suis  j)rêt  à  tenir  tête 
avec  la  même  sérénité  à  tous  mes  accu- 
sateurs ! 


—  ^4  — 

XV.  Les  Apôtres  du  Mensonge.  Notons 
tout  d'abord  qu'ils  ne  sont  qu'au  nombre 
de  onze,  mais  ne  discutons  pas  la  quan- 
tité, examinons  plutôt  la  qualité  :  Cette 
page  au  point  de  vue  caricaturiste  est 
l'une  des  meilleures  de  la  collection  et 
représente  la  charge  des  principaux  person- 
nages ayant  mené  campagne  contre  la  révi- 
sion   du  procès  Dreyfus. 

Détail  :  MM.  Arthur  Meyer,  directeur 
du  Gaulois^  la  face  encadrée  d'un  sécateur 
et  d'une  couronne  de  baron... ne,  un  sabre 
et  un  goupillon  qu'il  porte  en  sautoir  se 
détachent  sur  la  blancheur  de  son  plastron, 
Maurice  Barres,  l'écrivain  des  «  Déracinés  » 
est  décoré  du  symbolique  œillet  rouge  ; 
Q.  de  Beaurepaire  ci-devant  P.  de  la 
République  ;  Paul  Déroulède,  le  portrait 
de  l'auteur  des  Chants  du  soldat  est 
placé  entre  une  fleur  de  Lys  et  un 
jeton  de  la  L.  D.  P.  ;  François  Goppée, 
un  poète   encore,   tient     dans     ses    bras    un 


—  25   — 

bonnet  à  poil  ;  Ernest  Judet  iscariote,  direc- 
teur politique  du  Petit  Journal  ;  Henri 
Rochefort,  directeur  de  V Intransigeant  ; 
Jules  Lemaitre,  tenant  deux  petits  bichons 
cravatés  de  rubans  roses  ;  Brunetière,  direc- 
teur de  la  Revue  des  Deux  Mondes,  signe 
particulier  teint  livide  ;  Gyp,  qui  n'écrit  pas 
précisément  pour  les  lecteurs  de  Brunetière 
a  par  contre  le  teint  légèrement  coloré  ; 
et  enfin  Millevoye,  directeur  de  la  Patrie, 
journal  du  soir  ! 

XVI.  Massacres  a  Alger,  25  janvier  1899. 
Sombre  journée  à  ajouter  à  l'histoire  des 
guerres  de  religion,  l'illustration  de  Coutu- 
rier représente  des  vieillards,  des  femmes 
et  des  enfants  juifs,  qu'assassinent  des  sol- 
dats et  des  étrangers  commandés  par  un 
prêtre  le  crucifix  en  main. 

XVII.  Ministres  de  la  guerre.  Le  général 
Mercier,  le  général  Billot,  Cavaignac,  le 
général  Zurlinden,   le  général  Chanoine. 


—    26  — 

Après    le    drame,     la    comédie     et    comme 

tout    finit    par   des   chansons,   ils    y   vont   de 

ce  refrain   sur    un    air    populaire. 

Ta  ma  ra  boum  !  di  hé  ! 
C'est  nous  la  vérité. 
Faut  pas  nous  chahuter. 
On  vous  f  rait  fusiller. 

XVII I.  L'accusateur  de  la  Révision.  C'est 
le  général  Mercier  livide  entre  deux  gen- 
darmes. 

Légende.  —  Le  rapport  de  M.  Ballot-Beau- 
pré conclut  à  l'innocence  de  Dreyfus.  La  cour 
de  cassation,  toutes  chambres  réunies,  casse 
l'arrêt  du  Conseil  de  guerre  de  Rennes. 
Mais  l'accusateur  Mercier  n'accepte  pas  ce 
verdict. 

N.  B.  —  L'accusateur  a  communiqué  au 
Conseil  de  guerre,  des  pièces  soustraites  à  la 
défense:  «  Ce  canaille  de  D...!  »,  signalée 
aux  juges  comme  désignant  Dreyfus.  Mer- 
cier a  enregistré  et  communiqué  la  fausse 
version    de    la    dépêche    Panizzardi.    Mercier 


—  27   — 


qui  a  détruit  des  pièces  secrètes,  et  a  nié  ce 
fait  inqualiliable,  veut  accuser  l'innocent 
inculpé.  Cette  accusation  lui  portera  malheur. 


.  — Nous  n'apprendrons  rien  aux  amateurs  en 
leur  disant  qu'il  a  été  tiré  plusieurs  éditions 
de  cette  collection,  cependant  devenue  rare 
mais    il  est    certaines   particularités    entre    la 


—   28  — 

première  et  les  suivantes  qu'il  est  bon  de 
retenir: 

A  part  quelques  touches  de  coloris,  les 
dessins  sont  absolument  les  mêmes  ;  les  chan- 
gements que  nous  avons  relevés  en  maints 
endroits  portent  sur  la  différence  de  point 
pour  quelques  lignes  du  caractère  typogra- 
phique et  sur  de  très  légères  modifications 
dans    l'imposition. 

L'exemple  le  plus  voyant  est  celui  de  la 
troisième  carte  où  les  majuscules  G  des  noms 
Cour  et  Clam  sont  en  romain  pour  le  pre- 
mier tirage  ;  par  la  suite  ces  lettres  ont  été 
rétablies  dans  la  sorte  elzévir  employée  pour 
la    composition    générale. 

Mais  nous  plaçant  surtout  au  point  de  vue 
documentaire,  c'est  sur  les  variantes  de  la  deu- 
xième série  —  cartes  6  à  12  —  que  nous 
appellerons  l'attention  des  collectionneurs. 
Les  textes  donnés  plus  haut  étant  ceux  de 
la  première  édition,  il  nous  suffira  de  trans- 
crire   ici  ceux  qui   ont   été  supprimés  : 


—  29  — 

Carte  VII.  — ...  mais  malgré  son  flair 
d'artilleur,  il  n'a  jamais  rien  compris  à  l'af- 
faire Dreyfus,  il  l'avoue  lui  même  à  cette 
époque.  —  Voilà  une  affaire  bien  bizarre  ! 
disait-il. 

...  ils  escamotèrent  tout  simplement  le 
circonspect  général  qui,  pour  ne  pas  avoir 
l'air  d'une  moule  comprit  tout  ce  qu'il  lui 
ordonnèrent   de    comprendre... 

Carte  VIII.  —  Crime,  monsonge,  infamie  ! 
«  L'amorce  prime  le  droit  !  »  Les  artificiers 
de  l'Etat  major  pilèrent  en  leur  mortier  des 
fusées  crachantes... 

Mercier  n'était  pas  un  anthropophage  mais 
néanmoins  il... 

Menacé  d'être  foudroyé  sous  ce  bombar- 
dement... 

Carte  XI.  —  Dans  la  phrase  :  «  prirent 
en  cet  honneur  un  nouveau  galon  honori- 
fique)), ce  dernier  mot  a  été  enlevé;  sim- 
ple correction. 


—   80  — 

La  variante  la  plus  curieuse,  en  môme 
temps  que  la  plus  rare,  et  que  nous  trou- 
vons sur  un  exemplaire  de  la  collection  de 
M.  Alphonse  Ochs,  est  cette  phrase  :  «  La 
seule  pièce  incriminant  Dreyfus  est  la  pièce 
*^  ce  canaille  de  D...  ",  remplacée  dans 
toutes  les  éditions  par  cette  autre  ^^  Je  dirai 
que  jamais  j'avais  des  relations  avec  ce  juif  ", 
(Voir  carte   n"    1). 

A  ces  observations  relevées  par  nous  sur 
plusieurs  séries  appartenant  à  diverses  col- 
lections, nous  en  ajouterons  une  dernière 
qui   sera,   pour   ainsi  dire  le  mut  de  la  fin. 

Sur  la  carte  III  le  Bordereau,  nous 
lisons:  Sc7^egneu,  i^ulsqu'fvous  dis  que 
Vhord''reau  est  de  la  niam  de  celui  qui  Va 
écrit,  tendec-voii-'<  c'  qu'  j  es  dis,  bougre  de.,. 

(C°"  Couturier). 

Affaire  Dreyfus  1894-1809.  L'heure  de  la 
Justice  a  sonné.  Une  carte  par  Couturier, 
tirage  limité  et  numéroté  impression  en  vio- 


«^^. 


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■^-\% 


^ 


,^' 


^  y- 


Cliché  détérioré  de  la  Carte  molette  de  Ed.  Couturier 


—    33    — 

let,  il  existe  aussi  des  exemplaires  tirés  en 
bleu. 

Le  sujet  principal  de  cette  composition, 
parue  lors  du  procès  de  Rennes,  repré- 
sente la  Justice,  le  glaive  de  la  Loi  d'une 
main,  et  de  l'autre  élevant  ses  balances  au- 
dessus  de  la  foule  qui  peut  voir  dans  cha- 
cun des  plateaux  les  têtes  tranchées  de 
Mercier  et  de  du  Paty  de  Clam.  A  ses 
pieds,  on  aperçoit  à  droite  le  colonel  Henry 
la  gorge  ouverte  et  Esterhazy  un  écriteau 
avec  le  mot  FAUX  fixé  sur  sa  poitrine  ; 
à  gauche,  Gavaignac,  Méline,  Zurlinden, 
Gonse,  de  Boisdeffre,  etc.,  fuient  devant  cette 
vision. 

La  vérité    domine  toute    la  scène. 

Enfin  dans  le  lointain,  un  portrait  du 
capitaine  sous  lequel  cette  inscription  <(  Drey- 
fus   est    innocent  » . 

Détail     du     recto    :    République    française, 

Ville  de  Rennes    1899.    GARTE    POSTALE 

commèmorative. 

3 


-  34  -        ' 

Envoi  du  dessinateur  Couturier.  A  gau- 
che un  blason  aux  armes  de  la  ville  de 
Rennes,  à  droite,  deux  cases  pointillées  sont 
réservées  à  l'emplacement  des  timbres-poste 
d'affranchissement. 

Le  Centenaire  de  1' Affaire  (Paris  1902). 
Cavalcade  historique  organisée  par  T.  Bian- 
co,  où  se  trouvent  portraicturés  presque 
tous  les  personnages  ayant  été  de  près  ou 
de  loin    mêlés   à  cette    affaire   politique. 

Nous  reconnaissons  au  passage  :  E.  Zola 
J.  Reinach,  Y.  Guyot,  E.  Vaughan,  G. 
Clemenceau,  Séverine  en  amazone,  MM*^ 
Démange  et  Labori  en  auto  suivis  par  le 
petit  bleu,  personnage  énigmatique,  Ester- 
hazy  et  la  dame  voilée,  le  Char  de  la 
Justice,  le  Bordereau,  personnage  symboli- 
que, le  Char  de  Vile  du  Diable,  Cavai- 
gnac,  de  Freycinet  au  milieu  de  TEtat- 
Major,  le  Dossier  secret,  pièce  monstre 
traînée    par    des     éléphants,    Casimir    Périer, 


—    35   — 

E.  Drumont,  J.  Guérin,  H.  Rochefort,  la 
presse  nationaliste  et  enfin  la  Vérité  en 
croupe    sur  un    âne    qui  recule. 

Un  portrait-charge  de  Zola  sert  de  fron- 
tispice à  cette  suite  de  6  cartes. 

Une  seconde  édition  en  cartes  9x28  forme 
alors    4    cartes. 

Revue  Humoristique  de  l'année  1901  (Paris 
1902).  Dans  cette  série  une  seule  carte 
nous  intéresse,  le  n"  9  intitulé  «  les  ?^évé- 
latlons  sensationnelles  de  M.  Labori  {No- 
vembre). 

Au  premier  plan,  Labori  plaidant  ;  au 
deuxième  Reinach  tenant  d'une  main  son 
chapeau  et  de  l'autre  un  parapluie  dont  la 
canne  serait  la  tête  sculptée  de  Zadoc  Kahn  ; 
au    troisième    Dreyfus   attaché    à    un   poteau. 

Gomme  légende  :  «  Cela  ne  nous  a  rien 
appris  de  nouveau,  mais  qu'importe,  la 
France    est   fixée    depuis   longtemps. 

La  carte  11  relative  à  V Assassinat  du  capi- 


talne  Von  Kroslg,  peut  être  ajoutée  à  notre 
nomenclature. 

La  scène  représente  Thémis  affolée  cher- 
chant à  fuir  devant  le  cercueil  de  Krosig. 
Cette  affaire  militaire,  qui  a  tourmenté 
TAllemagne,  fournit  l'occasion  à  la  France  de 
dire  à  l'Empereur  Guillaume  II  :  ((  A  ton 
tour,  ma  vieille  ». 

Le  Musée  des 
Horreurs  (Paris 
1899).  4  cartes  dont 
une  carte  -  lettre  . 
Dessins  de  Lenep- 
veu. 

I  Boule  de  Juif 
(Reinach  en  singe). 

IV  Le  Roi  des 
porcs  (Emile  Zola). 

V  Trou  de  balle 
(Labori    en   àne). 

VI    Le  Traître    (Dreyfus  en   hydre),  carte- 
lettre    intitulée    carte    antisèmitique    fran- 


—   37   — 

çaise  avec  un  portrait  de  Ed.  Driimont  au 
recto   sous  le  titre  de    «  Nos  bons  français  ». 

Vil  Kabosch  d'âne  {  Zadoc  Kahn  en 
renard). 

—  Les  numéros  non  désignés  ont  paru 
en  placards,  mais  n'existent  pas  en  cartes- 
postales. 

Cartes  a  jouer  (Paris  1901).  Série  de  12 
cartes  fantaisies  par  G,  Noury,  six  seule- 
ment  font  allusion   à  l'affaire. 

Roi  de  cœur,  Jio'inme  de  la  campagne 
(Loubet). 

Roi  de  Carreau,  ho7nme  de  guerre  (Zur- 
linden). 

Roi    de   Pique,   Jwiïi'me  de  loi   (Labori). 

Roi  de  Trèfle,  homme  d'argent  (Roths- 
child). 

Valet  de   Pique,    trahison    (Esterhazy). 

Valet  de  cœur,  affection  (Picquart). 

Ceux  qui  s'en  vont  (Paris).  V Incident 
est    clos  !     Ainsi    est     intitulée      une     carte 


—   38  — 

signée  d'Ostoya  représentant  le  général  de  Gal- 
liffet    prononçant    un    mot   énergique. 

A  LA  RECHERCHE  d'un  GITE  (Paris  1902). 
Six  cartes  satiriques  par  Orens,  ayant  trait 
au    changement    de    domicile    de   Dreyfus. 

J'accuse  !  Cette  carte,  dont  les  derniers 
exemplaires  se  vendaient  encore  au  moment 
de  la  mort  du  célèbre  romancier,  repré- 
sente un  grand  tableau  sur  lequel  Emile 
Zola  trace  violemment  le  mot  a  J'accuse  »; 
derrière  lui  se  tient  un  groupe  de  journalistes 
et  derrière  le  tableau  trois  soldais,  dont 
un,   ressemble  un    peu  à    Napoléon  III   (?). 

BiNfroscoPE  Lj^g    Norwin's    (Pa- 

ris). Dans  la  collec- 
tion des  cartes  con- 
nues sous  ce  nom, 
huit  cartes  nous  in- 
-5,,^^  téressent  .  Dans  la 
série    des    Binètosco- 


—    39    - 

pe^  le  n"  2  représente  Dreyfus  en  épouvantail, 
la  tête  coiffée  d'un  casque  à  pointe.  Le 
n°  4  représente  Reinach  au  Pilori  et  le  n"  6 
Emile   Zola  au   clou   habillé    en   forçat. 

Une  carte  séparée  Souvenir  du  [wocès 
de  la  Haute-Cour  1899-1900  représente  la 
République  en  Nana  autour  de  laquelle  dan- 
sent les  principaux  personnages  de  l'affaire  : 
Loubet,  Waldeck,  Reinach,  Dreyfus  et  Mil- 
lerand  ;  dans  une  petite  fenêtre  grillée  nous 
voyons  J.  Guérin  et  dans  le  haut  à  droite 
Déroulède  et  Buffet  qui  prennent  la  route 
de  l'exil. 

Enfin  trois  autres  cartes  donnent  les 
portraits-charges  de  Dreyfus,  Reinach  et 
E.    Zola. 

Une  carte  portant  le  n"  6  de  la  8'  série, 
peut  être  ajoutée  à  celles-ci.  Elle  repré- 
sente le  général  Mercier  triomphant,  un 
pied  sur  l'urne  électorale,  et  transperçant  de 
son  épée  un  bulletin  de  vote  au  nom  de 
Dreyfus. 


—   40   — 

La  Revue  du  mois  par  Vignola  (Paris  Mai- 
Juin  1902).  —  Images  politiques  et  mondai- 
nes coloriées  à  l'instar  d'Epinal.  Une  seule 
carte  nous  intéresse  :  dessin  n°  o,  Affaire 
Hen  1  ^y-Re  inach . 

Légende  :  «  Dreyfus-Reinach,  condamné 
pour  la  seconde  fois,  déclare  que  ça  la  lui 
coupe.  » 

L'œuvre   d'Emile   Zola   (Paris   1902).   —   16 
cartes.    «   Œuvre    purement   imagesque,    suc- 
cession   de  tableautins,    si  l'on    veut,    faisant 
défiler    en    quelque    sorte,    la   synthèse  gra- 
phique de  l'Œuvre  de  Zola,   sous  une  forme 
caricaturale,    en    une    série   d'aquarelles   qui, 
toutes,    du    commencement    à    la  fm,    repré- 
sentent   l'auteur    personnifiant    lui-même    le 
caractère    de    chacun    de    ses    livres.    Ainsi 
r  Œuvre,    montre    Zola    en    vidangeur  ;    La 
Fortune  du    Père    Rougon,     Zola  en  chif- 
fonnier,   cherchant  son    bien    dans  une  pou- 
belle ;   La    Curée,    Zola  léchant  l'assiette  au 
beurre,   avec    un    cochon    et   un    chien  ;  Le 


—    41    — 

Ventre  de  Paris,  Zola  en  cuisinier,  allant 
faire    son    marché  ;    Paris,    Zola   émergeant 

d'un   trou   d'égout    pour  voir  les   dessous 

de  Paris  ;  le  Rêve,  Zola  en  académicien... 
La  conclusion,  c'est  les  portes  de  la 
prison   s'ouvrant    sur    Zola  *  ». 

Voici  encore  l'appréciation  de  notre  sym- 
pathique confrère  Emile  Straus,  Directeur 
de  la  Carie  Postale  illustrée  :  «  De  trai- 
ter les  sujets  de  romans  du  célèbre  maî- 
tre naturaliste,  il  ne  s'ensuivait  pas  de  le 
représenter  dans  des  positions  basses  et 
ordurières.  Il  y  a  lèe  une  faute  de  goût 
qui  froissera  certains.  De  ce  que  le  Natu- 
ralisme n'admet  comme  réel  que  ce  que  la 
réalité  nous  offre  de  laid  ou  de  bas,  ou 
tout  au  moins  de  mesquin  et  de  terre  à 
terre,  il  appartenait  à  l'artiste  d'idéaliser 
les  sujets.  Certaines  cartes  intéressent  pour- 
tant  en  ce   sens   qu'elles  pourront  êtres  join- 


*  John  Grand-Carterel  :  "  L'Affaire  Dreyfus  el  l'Image  ". 


-    42   — 


'  I  f.ZOLAÎ 


tes  par  leurs  réminiscences  aux  collections 
relatives  à  la  fameuse  affaire.  M.  H.  Le- 
bourgeois  paraît  surtout  avoir  étéj  hanté^  de 
ces   souvenirs    ». 

Papa  Vérité 
(Paris).  —  La 
caricature  de 
Orens  parue  le 
10  Septembre 
1902,  jour  de  la 
publication  dans 
V Aurore  du  der- 
nier roman  de 
Zola,  est  aussi  la 
dernière  charge 
parue  du  vivant 
de  l'écrivain. 


*;LA^V^,t£  est  ej,  ^lA^cKe 


((      La     Libre     Parole       ».  (Paris     1902). 

deux     cartes     portraits      de  Ed.     Drumont, 

l'un      en       buste,        l'autre  à      mi-jambes, 

encadrés    dans    la    déchirure  de    la   «    Libre 


-     43   — 

Parole  »  numéro  du  10  Septembre  1899, 
dont  ce  jour-là,  la  première  page  por- 
tait    en     manchette     le     titre     suivant    : 

LE  TRAITRE  CONDAMNÉ 

Dix  ans  de  détention  et  la  dégradation 
A  BAS  LES  JUIFS  ! 

Au-dessous,  le  premier  article  intitulé  : 
«  Vive  l'armée    ». 

Le  Procès  de  Rennes.  (7  août  au  9  sep- 
tembre 1899).  Série  de  30  cartes  impri- 
mées en  bistre  et  en  noir  sur  clichés  simili  de 
la  C'^  Américaine  d'après  instantanés 
photographiques   et    nombreux  portraits. 

Série  Warnet-Lefèvre.  (Rennes).  Série  de 
30  cartes  en  phototypie,  scènes  et  vues 
prises   pendant    le    procès. 

Série  Rergeret.  (Nancy).  Série  de  10  car- 
tes   en    phototypie. 

Série  en  couleurs.  (Anonyme).  5  cartes 
en    phototypie   coloriée.    1"   Démange   sortant 


—    44    — 

du  conseil  de  guerre  ;  2°  La  cour  de  la 
prison  ;  3"  Maison  de  M.  Godard  ;  4"  Vue 
de  la  prison  et  de  la  rue  Duhamel  ;  5° 
Relevée   de    la   première    garde    de    Dreyfus. 

Trois  dessins.  Anonymes  publiés  en  1899, 
3  cartes  :  1°  salle  du  conseil  de  guerre 
de  Rennes  avec  le  portrait  du  commandant 
Carrière,  commissaire  du  Gouvernement  ; 
2**  Le  croiseur  cuirassé  ((  Le  Sfax  »  avec 
portrait  de  M.  Goffmières  de  Nordeck,  capi- 
taine de  vaisseau,  commandant  le  Sfax  ; 
3°  La  prison  militaire  de  Rennes.  Dans 
la  partie  supérieure  du  dessin,  est  un 
parchemin  avec  le  sceau  aux  armes  de  la 
ville. 

Carte  de  Paris  (!).  —  (Hamburg).  Question 
cherchez  le  traître  posée  sous  la  forme 
d'un  dessin  linéaire  formant  un  Z.  Pour 
trouver  la  solution,  point  n'est  besoin  de  se 
perdre   dans   un   labyrinthe    qui    n'est    qu'un 


—   45    - 

trompe-l'œil,  et  encore  moins  de  chercher 
entre  les  lignes,  car  c'est  tout  simplement 
la  dernière  qui,  placée  ici  comme  un  nom 
d'imprimeur  prétend  donner  la  clef  du  rébus  : 
Imprim.  Calllgr.  E.  Henry  &  C'^ 

Le  Serpent  de  Mer  de  4898  (Hamburg). 
Le  dessin  représente  un  énorme  serpent 
entre  les  anneaux  duquel  on  lit  :  Révision 
des  Dreyfus  prozess.  Légende  en  alle- 
mand pouvant  se  traduire  ainsi  :  «  Il  est 
long  ;  il  est  plus  long  que  l'année  qui 
vient   de  s'écouler  ». 


Menu  du  Restaurant  du  Tilleul  (Hambourg). 
Carte-question  :  Où  est  la  victime  ?  Le 
dessin  se  compose  d'une  sorte  de  réchaud 
antique  à  trois  pieds  (allusion  au  nom  de 
Dreyfus  qui  en  allemand  signifie  trépied) 
et  dans  la  fumée  qui  s'en  dégage  on  trouve 
la  tête  de  Dreyfus.  Le  texte  traduit  de 
l'allemand   est   celui-ci  : 


—   46 


J^e 


uçsfçr 


Restauration  zur  „Linde" 

<|*  M  E  N  U  *> 
;  L*gtrte  Snppe  i  U  Esterheory. 
;^  Schellfisch  i  li  Pelieax 

Bofuf  à  U  mode  ao  sioce  Merci.. 
_,.^SpargtI  von  derTenfelsiascl.  hierro 
^■'      getrflffeite  Verliomder-ZQogc. 
Hiraverbrasater  Kjlb&kopf 
aa  satic»  Cavagoac    ■ 

DESSEBT. 

Crê««  Zola.  Eis  à  U  Picquart 
cod  djvene  Frtchte 

Damen-Bedienong 

Boiêdejrt-rtf . 
chef  de  cuisine. 


Nouvelle  cui- 
sine de  cam- 
pagne française 
pour  r Etat-Ma- 
jor d'après  un 
modèle   antique. 

Restaurant 
du  Tilleul  (Zur 


"  LiNDE  ",  rap- 
prochement avec 
le  nom  du  géné- 


BuraoristiseheVexir-Postkarte.  3   l'al  Zurlinden). 


—  MENU  — 

Soupe  à   la  Esterhazy 

Morue    à    la   Pellieux 

Bœuf  à   la   mode   sauce  Merci... 

Asperges   de   l'Ile    du    Diable    avec  langue   de 

calomniateur  truffée 

Tête    de    veau    sauce    Gavaisnac 

Dessert 

Crème  Zola,    glace  à  la    Picquart 

Fruits   divers 

Service  de  dames 


Boisdefrène,  Chef  de  cuisine. 


—    47   — 

Dans  le  dessin  du  sujet  on  lit  encore  : 
cuisine  de  campagne  de  sorcier,  carte  pos- 
tale humoristique. 

La  Brosse  s'use  !  par  Orens.  Waldeck- 
Rousseau  faisant  la  lessive  brosse  vigoureu- 
sement le  linge  de  la  République,  lequel 
porte  certaines  taches  :  Affaire  Dreyfus, 
Haute-Cour,    Humbert,  Congrégations,   etc. 

La  brosse  est  usée  !!  par  Orens.  Le  mi- 
nistre donne  sa  démission  et  d'un  coup  de 
pied  renverse  le  baquet  sur  lequel  on  lit 
((  Défense  républicaine  ».  Les  linges  qui 
s'en  échappent  portent  toujours  :  Dreyfus, 
Humbert,   Fachoda,    etc. 

Le  dernier  coup  de  collier  par  A.  Rouil- 
ly.  Les  élections  législatives  (Mai  1902)  ont 
mis  en  présence  ministériels  et  nationalis- 
tes. Chaque  parti  cherche  à  faire  pencher 
la    balance    de    son    côté  ;   dans    un  des  pla- 


—   48    — 


teaux    nous    retrouvons   au  milieu   de   choses 
très   diverses,  V Affaire  Breijfus. 

Bien  que  ces  trois  cartes  n'aient  rien 
dans  leur  illustration  qui  touche  directe- 
ment le  sujet  en  question,  nous  avons  cru 
devoir  les  mentionner  pour  les  légendes  que 
nous  soulignons  et  qui  d'ailleurs  n'ont  pas 
échappé    à    l'attention   des   collectionneurs. 

La  Grâce  de 
Dreyfus  (Pa- 
ris 1900).  1 
carte.  Repro- 
duction non 
signée  d'une 
affiche  de  Be- 
lon  pour  le 
journal  «  l'In- 
transigeant » 
qui  à  partir 
du  20  avril 
1900  devait  publier  tous  les  jours  un  dessin 
satirique    de    H.    Somm,     J.     Belon,    Guydo, 


—   49    — 

Dépaquit,  etc.,  etc.  Cette  affiche  a  été 
lacérée  par  la  police.  Le  premier  de  ces 
dessins,  que  reproduisait  l'affiche,  nous 
montre  le  Président  Loubet  ouvrant  la  porte 
de  la  prison  de  Rennes  à  Dreyfus  dont  la 
silhouette  projetée  sur  le  mur  représente 
un    lapin. 

De  cette  carte  originale,  il  existe  un  pas- 
tiche   signé  J.   Belon. 

Autre  remarque  :  la  première  carte  est 
imprimée  sur  fond  crème,  la  fausse  est  sur 
bleuté. 

La  Cour  de  Cassation  (1899).  Une  carte 
donnant  le  croquis  d'une  séance  et  en 
médaillon,  les  portraits  ombrés  à  la 
manière  de  Valloton,  de  Dreyfus,  Ballot- 
Beaupré,  Mazeau,   Manau  et    Loew. 

Dessin  de  Maurice    Sloog. 


Panama    militaire  (Paris).    —  Carte     numé- 
rotée.   Un    groupe    d'officiers,    dont    un    tra- 


—   50    — 

vesti  représente  la  dame  voilée,  regarde 
Dreyfus  qui,  chargé  d'une  croix,  gravit 
un  calvaire  au  sommet  duquel  un  diablotin 
l'attend. 

La  Comédie  est  terminée...  Sortez  !!!  — 
3    Juin    1902,   par  A.   Rouilly. 

Le  ministère  déménage,  Waldeck  en  tête, 
celui-ci  porte  au  bout  de  sa  canne  qu'il 
tient  sur  l'épaule  un  petit  paquet  conte- 
nant  VAffawe  Dreyfus. 

Dans  cette  carte  encore,  cette  inscription 
semble  seule  nous  intéresser,  cependant  il 
est  une  autre  remarque  absolument  curieuse  ; 
Le  personnage,  qui  s'apprête  à  fermer  la 
porte,  a  été  copié  trait  pour  trait  sur  le 
dessin  de  Belon  de  la  carte  «  La  Grâce 
de  Dreyfus  »  décrite  et  reproduite  ci-des- 
sus. 

La  Chanson  DES  Pieds-devant  B.  S.  G.  D.  G. 
Air    de   la    Vigne    de   P.   Dupont,  paroles  de 


—   51  — 

B.,  dessin  de  Job,  représentant  le  Général 
André  levant  son  verre  au  3®  couplet  que 
voici  : 

Si  Dreyfus  n'en  avait  pas  bu, 

Il  ne  serait  pas  revenu, 

Mais  il  m'en  a  commandé  cent  pièces, 

C'était  un  client  très  sérieux 

On  l'a  gracié,  c'est  heureux  ; 

Du  coup  j'en  embrassai  ses  nièces 

Et  je  le  nommai  commandant 

De  mon  ordre  des  pieds-devant. 

Affaire  Zola-Esteriiazy  (Gôrlitz).  Série  de 
4  cartes  connue  sous  la  rubrique  de  la 
DAME  VOILÉE.  Dessius  reproduits  en  simili- 
gravure représentant  un  officier  affublé  de 
vêtements    de   femme. 

I  Au  rendez-vous  ;  II  Bien  mon  géné- 
ral ;  III  Rentrons  ;  IV  La  découverte  du 
mystère. 

Ces  titres  pour  chaque  carte  ne  se  trou- 
vent que  sur  quelques  éditions.  Il  existe 
aussi     une      série    hollandaise     parue    à    La 


n9     — 


Haye,  et  un  tirage  sur  carte  bleue  qui  sont 
autant  de  contrefaçons  de  l'originale  qui  seule 
portait  la   firme   de   l'éditeur. 

Wo  iST  Zola?  (Francfort).  Ou  est  Zola  ^ 
Carte  imprimée  en  bistre  sur  papier  bleu. 
Le  dessin  représente  l'Ile  du  Diable  et  dans 
la  forme  des  montagnes  se  trouve  dissimu- 
lée la  tête  de  Zola.  Au-dessous  "^  Gruss  aus 
Cayenne  ". 

Rasoir  Henry,  breveté  pour  Etat-Major. 
(Berlin).  Composition  un  peu  confuse.  Au 
premier  plan,  le  colonel  Henry  à  la  barre, 
une  cellule,  puis  une  sellette  sur  laquelle 
se  trouve  un  immense  rasoir  grand  ouvert, 
à  côté  un  gigantesque  point  d'interrogation. 
Au-dessus  de  la  lucarne  du  cachot  un 
portrait  de  Zola  ;  à  côté  à  droite,  une 
photographie  de  Dreyfus,  prise  à  l'ile  du 
Diable,  est  encadrée  par  une  balance  dont 
les    plateaux    contiennent   l'un,    la   Révision 


—  53  — 


et  l'autre  la  Coo^rwption,  Enfin  au  centre, 
un  œil  dans  un  triangle  lumineux,  et  cette 
phrase  en  exergue  :  «  Le  soleil  le  mettra 
au  jour.    » 


•X\^!|  j^/ 


Georges 


Vive  Zola  le 
Vengeur  (Berlin) . 
Zola  en  Saint- 
clebout 
sur  un  dragon, 
tenant  de  la  main 
droite  un  glaive 
sur  lequel  on  lit  : 
((  La  Vérité  ». 
Du        côté       droit 

cette    inscription  :    «   Vive  Zola  le  Vengeur  ». 

En     bas,     texte     allemand     :     «    Vive     Zola, 

lutteur    pour    la   Vérité   et   le  Droit.    » 
La  même    carte   existe  sans  cette   dernière 

phrase. 


Une      Comédie     au      xix*     siècle      (Berlin). 
Carte    entièrement    composée     en     allemand, 


—   54  — 


elle  reproduit  une  séance  du  procès  Zola. 
Sous  l'œil  de  la  Justice  qui  se  tient 
les  bras  croisés,  un  homme  actionne  au 
moyen  de  fils  des  juges  représentés  par  des 
mannequins.  Sur  le  tapis  de  leur  bureau, 
on  lit  cette  phrase  :  «  Nous  n'avons  pas 
besoin  de  la  Vérité.  »  A  gauche,  Labori 
et  Zola  ;  à  droite,  trois  officiers  la  bouche 
fermée  par  un  cadenas  ;  l'un  deux  tient  à 
la  main  une  lettre  sur  laquelle  est  écrit  : 
((    Le    bordereau   est   resté   chez  nous.    » 

Un  cartouche  occupant  la  partie  infé- 
rieure du  dessin  porte  cette  inscription  : 
«  D7^ôle  de  tribunal  ou  la  force  prime  le 
droit.    » 

L'Etat  dans  l'Etat,  voila  le  triste  résul- 
tat (Berlin,  1899).  Rennes,  9— IX— 99. 
Debout  la  République  française,  le  général 
Mercier  lui  bande  les  yeux  pendant  que 
Labori  et  Démange  cherchent  à  lui  arra- 
cher    son     bandeau.      Dreyfus,     Picquart     et 


—   55  — 

Zola  les  regardent.  Légende  en  français  et 
en  allemand  :  «  Devant  l'opinion  du 
monde  civilisé,  Dreyfus  est  jugé  ;  la 
France    condamnée    !!!    » 

Changez  les  places  (Berlin).  Dessin  repré- 
sentant l'Ile  du  Diable,  et  Zola,  y  condui- 
sant du  Paty  de  Clam  enfermé  dans  une 
cage.  Légende  :  Changez  les  places  !  Bravo 
Zola,   lutteur    pour  le    droit   et    la  vérité. 

Dessin  inspiré  d'un  tableau  du  peintre 
Boëcklin  connu  sous  le  titre  de  *^  Séjour  des 
Bienheureux  ".  ^ 

Retour  et  départ  (Berlin).  Dessin  repré- 
sentant l'Ile  du  Diable.  En  avant  à  gau- 
che, la  barque  ^'  La  Liberté  "  dont  l'ori- 
flamme porte  l'inscription  '^  Vers  la 
Patrie  "  ramène  en  France  Zola,  Dreyfus 
et  Labori.  A  droite,  un  bac  **  La 
Vérité  "  représenté  par  une  tête  de 
femme   dont    les  yeux   sont    bandés,    ramène 


—   56  — 

dans     l'île    Esterhazy,    Gonse,     Mercier,     du 
Paty    de   Clam,   Boisdeffre,    de    Pellieux. 

L'oriflamme  de  ce  bac  porte  comme  ins- 
cription :  Relevée  de  sentinelles  pour  l'Ile 
du  Diable.  Légende  :  Expédions  cet  état- 
major   à    l'Ile    du   Diable. 

Fantasmagorie    française    ou    la    Justice    de 

LA      GRANDE      NATION     AU      XIX*'     SIÈCLE       (Leipzig). 

Dessin  composé  de  trois  scènes  :  1°  le  colo- 
nel Henry  dans  sa  cellule  du  Mont-Valé- 
rien,  quatre  officiers  de  l'Etat-major  lui 
^  apportent  un  rasoir  en  lui  disant  :  «  Salut  au 
sauveur  de  notre  gloire  et  de  notre  honneur  » . 
Dans  le  haut  on  Ht  :  Prière  de  se  raser  ; 
2°  Serinent  de  trois  officiers  jurant  de  lau- 
thenticité  des  lettres  ;  3°  Trois  officiers 
fabriquant  des  documents  à  prix  réduit,  sur 
l'un  desquels    est  écrit  :    Canaille   de    D... 

Conseil  de  guerle,  affaire  Dreyfus.  Ren- 
nes,   1899   (Berlin)     4     cartes    bleutées,    des- 


-  57   - 

sins  de  Jûttner,  texte  français  et  allemand: 
I,  Le  fameux  coup  de  ^^nassue  de  Mer- 
cier. Le  générai  Mercier  déposant  devant 
le  Tribunal  ;  à  gauche,  Madame  veuve 
Henry  et  Bertulus  ;  II,  Le  vrai  accusa- 
teur et  les  complices  du  traître.  Drey- 
fus est  Taccusateur  ;  III,  La  déposition  de 
V  Etat-major  et  sa  force.  Des  officiers 
élèvent  un  château  de  cartes,  qui  est  l'accu- 
sation et  que  Labori  fait  sombrer  en  souf- 
flant dessus  ;  IV,  La  lumière  terrifiant 
le  mensonge.  La  lumière  est  Picquart,  le 
mensonge  Roget,  ce  dernier  est  abattu 
aux   pieds    de    Dreyfus. 

Suite  de  huit  cartes  allemandes  (1899). 
Textes  français  et  allemands  :  1°  Dreyfus 
et  la  Justice  dans  un  char  romain  conduit 
par  Zola  et  Scheurer-Kestner  traînent  à 
leur  suite  les  officiers  de  l'Etat-major 
enchaînés  ;  2o  Portraits  des  trois  Prési- 
dents de    la   République    de    1894    à    1899  : 


-   58   — 


Casimir-Périer,   Félix   Faure    et    Emile    Lou- 
bet  ;  3°  Portraits  dos  quatre  Présidents  du  Gon- 


m^ss' 


seil  des  ministres  de  1894  à  1899  :  Méline, 
Brisson,  Gh.  Dupuy  et  Waldeck-Rousseau  ; 
4°  Portraits  de  Quesnay  de  Beaurepaire, 
le  général  de  Boisdeffre,  de  Pellieux,  du 
Paty  de  Glam  et  Lebon  ;  5°  Trarieux, 
Picquart,  Jaurès,  Zola  et  Sclieurer-Kestner  ; 
6°  De  Frevcinet,  Ghanoine,  Krantz  et  de 
Gallifîet  :  7°  Mercier,  Billot,  Gavaignac  et 
Zurlinden  ;  8°  Labori  et  Démange,  Dreyfus 
quittant      l'Ile       du      Diable      à      bord      du 


—   59  — 

((    Sfax   »,    à    droite,     le    «    Sfax   »    en   pleine 
mer. 

Vampirus  orientalis  (Leipzig).  Edition  du 
Journal  satirique  (Le  Michel  allemand). 
Dreyfus  et  Philipp  vendant  des  plans  à 
des  personnages  invisibles  dont  on  ne  voit 
absolument  que  les  mains.  Légende  texte 
allemand  :  a  Tic  ^j^^^j?  r/ie  croife,  Michel 
allemand  ;  tôt  ou  tard  le  juif  devient 
traître  à  sa  patrie.  » 

Dreyfus  a  l'Ile  du  Dlvble  (Dresde).  Carte 
bleue.  Dreyfus  couché  dans  sa  cellule  et 
soutenu  par  l'Espérance.  A  droite,  la  case- 
mate de  l'Ile  du   Diable. 

Portrait  de  Dreyfus  (Nuremberg).  Figure 
à  gauche  avec  signature  autographe,  vers 
de  Ludwig  Aub.    Texte    allemand. 

Labori  a  Rennes  (Nuremberg).  Carte  dou- 
ble, impression   bleutée,   reproduisant  l'atten- 


—   60   — 

tat    contre    Labori.    Dans    le    coin,    en   haut 
et   à  gauche,    portrait    de   Labori. 

Série  Enzo  (Turin).  6  dessins  reproduits 
par  la  photographie.  —  I,  Enfoncé  î...  — 
II,  Le  général  Mercier.  —  III,  Un  rêve. 
—  IV,  Condamné  !!!...  —  V,  La  dernière 
parole  :  Je  suis  innocent  !...  —  VI,  Et 
maintenant     Madame,    parlez  !... 

Il  existe  deux  éditions  de  cette  série. 
Dans  la  plus  ancienne  les  légendes  sont 
imprimées  typographiquement  en  rouge,  et 
dans   la    nouvelle  en   noir. 

Série  Exzo  (Turin).  6  cartes  en  chromo- 
lithographie, d'après  les  compositions  de 
Enzo,  charges  contre  les  officiers  de  l'Etat- 
major  :  1°  ^4  ses  gros  hojinetSy  la  patrie 
reconnaissante  ;  2°  Veritas.  Un  officier 
recouvrant  la  Vérité  d'un  manteau  taché  ; 
3°  Pas-à-quatre.  Mercier,  du  Paty,  Boisdeffre 
et  Esterhazy  chahutant  ;    4°  Pot-Bouille.  Un 


—   61    — 

officier  tournant  le  contenu  d'une  marmite 
sur  lequel  est  écrit  le  mot  **  Affaire  "  ; 
dans  le  haut  de  la  carte,  cinq  soldats  de 
nationalités  différentes  contemplent  le  cuisi- 
nier moderne  ;  o"  Esterhazy  en  civil  accom- 
pagné de  deux  dames  ;  6^  Officier  regar- 
dant une    gourde. 

Pro  Justicia  et  Veritas  (Turin).  Dessin  : 
A  droite,  Emile  Zola,  et  à  gauche,  un 
officier  retenant  la  justice  qui  vient  de 
briser  sa  chaîne.  Légende  :  «  Une  dernière 
parole    de  M.    Zola  et  je   suis  libre!...  » 

A  Alfred  Dreyfus  et  a  ses  glorieux 
DÉFENSEURS  (Gêues,  1899).  Telle  est  la  dédi- 
cace que  nous  lisons  au  recto  de  cette  carte. 
Au  verso  la  composition  symboliste  comporte 
au  premier  plan  la  Vérité  et  la  Force,  celle- 
ci  sous  la  forme  d'un  lion  rugissant  ;  la 
Justice  victorieuse  dominant  le  monde  se 
détache  sur  un  fond   lumineux,  à   ses  pieds. 


—  62  — 


un    livre   d'or  où   sont    gravés   les   noms   des 
principaux    défenseurs     de     Dreyfus  ;     enfin 

dans  la  partie 
supérieure  du 
dessin  et  à  gau- 
che un  portrait 
médaillon  du 
capitaine  enca- 
dré d'une  cou- 
ronne d'épines, 
le  tout  serti  dans 
le  style  art  nou- 
veau. Certains 
exemplaires  por- 
tent sous  l'illustration  le  mot  caniplone, 
champion. 

Une  édition  de  cette  carte  porte  au  recto  en 
sus  de  la  dédicace,  l'adresse  imprimée  du 
destinataire  ;  Monsieur  le  capitaine  Dreyfus, 
à  Rennes,  ou  Monsieur  Emile  Zola,  à 
Paris. 

Le  procès      terminé,   l'éditeur    a    remplacé 


—   63    - 

l'adresse  de  Rennes  par    celle  de   Garpentras. 
Il  existe    six    tirages   de  différentes   teintes, 
dont   un    sur    fond   argent. 

Affaire  Dreyfus.  —  Paris  1894,  Rennes 
1899.  (Milan).  Composition  extrêmement  déco- 
rative formant  panneau.  Sur  l'horizon  enso- 
leillé la  Vérité  se  lève  et  la  Justice  en  marche 
arrive  au  premier  plan.  L'encadrement  est 
formé  à  sa  base  par  les  attributs  de  la  Répu- 
blique française  et  sur  les  cotés  par  des  car- 
touches et  médaillons  dans  lesquels  sont 
placés  les  portraits  de  Scheurer-Kestner,  Drey- 
fus,   Zola,    Picquart    et    Labori. 

Jésus  et  Pilate  (Florence).  Scène  du  lavabo! 
Carte  adressée  à  l'illustre  Avoccato  Fernan- 
do   Labori. 

Texte    autographe    au    verso  : 

«  A  vous,  valeureux  et  brillant  défenseur  de 
rinnocence,  échappé  à  l'attentat  infâme^  le  salut 
de   tous  les   cœurs  qui   sympathisent  avec    Vapà- 


—    64  — 

tre  illuminé   de   la    Vérité,    de  la  Lumière  et   de 
la  Justice. 

Et  dans  V espoir  que  dans  votre  Patrie  renaî- 
tra la  paix  des  âmes,  moi  aussi  je  crie  :  Vive 
la   Résurrection   des  Peuples  ». 

(G°"  de   M.    S.    de  Koprowski). 

Affaire  Dreyfus  (29  oct.  1897-29  oct.  1898). 
Série  de  12  dessins  (Venise,  1898).  (Collection 
G.  Sternfeld)  tirés  en  deux  éditions,  l'une 
en  noir,   l'autre   en  couleurs. 

I.  La  République  guidée  par  V armée 
et  le  cléricalisr}ie  semble  vouloir  fuir  la 
Révision  qui    se    lève    à    l'horizon. 

[Sur  certains  tirages  de  cette  carte  la 
robe  de  la  France  i^orte  les  initiales  R.  F. 

II.  Le  prisonnier  dans  sa  cellule,  à 
gauche  un  cartouche  donnant  le  portrait 
de   Dreyfus. 

III.  La  dame  voilée  et  Esterhazy,  à 
droite  un  cartouche  avec  un  immense  point 
d'interrogation. 


,-^  65-  — 

IV.  Affissloii  (!)  du  discours  Cavalgnac 
à  la  Cliamhre  des  députés,  à  droite  un 
médaillon   portrait    du    ministre. 

V.  Homme  de  guerre,  homme  d'église, 
homme  et  femme  du  peuple,  crient  :  Cons- 
l)uez  Zola,  à  droite,  médaillon  de  Roche- 
fort. 

VI.  Le  pî'ocès  Zola^  portraits  de  Zola, 
Labory  (!)    Clemenceau. 

VII.  Portrait-médaille  de  Scheurer-Kest- 
ner  se  détachant  sur  une  banderolle  ornée 
de  branches  de  chêne  et  de  laurier,  et 
contenant  l'inscription  suivante  dont  nous 
respectons    l'ortographe  : 

Le  sénateur  Scheuer  Kestner  qui  eut  le 
premier  Vidée  de  le  révision,  29  oct, 
1897. 

VIII.  Déposition  du  colonel  Picquart. 
Portrait    au    centre. 

IX.  La  confession  d'Henry.  Para  sepulto. 

5 


—  66  "- 

X.  Esterhacy  à  Lond^^es.  —  Vente  de 
révélations.    Portrait  à  gauche. 

XI.  Relation  Bard  sur  l'Affaire  Drey- 
fus, 29  cet.    1898. 

XII.  Composition  allégorique  formant 
frise  et  sur  laquelle  se  profile  une  médaille 
portant   cette  phrase  :    Cédant  arma  togae. 


COLLECTION  JULIO.  Edition  belge,  36 
cartes,  dessins  extraits  du  journal  **  La 
Réforme    "    de  Bruxelles    (1897-98). 

1.  —    La   projection   troublante. 

2.  —  Et  il  fut  seul  pour  la  défendre. 
Lettre  de  Zola  au  Président  de  la  Répu- 
blique. 

3.  —  Reprenez  ce  ruban  puisqu'il  ne  doit 
plus  servir  qu'a  lier  les  fous  et  les  félons. 
Zola  remet    sa    décoration. 

4.  —    Les    Dialogues. 


—   67  — 

Zola.  —  D'où  viennent  ces  cochonneries  ? 
La    Justice.    —    C'est     le     linge     de     la 
ménagerie... 

5.  —  La  Patriotique  lessive.  Zola  débar- 
bouillant  rarmée. 

6.  —  Le  Banquet  du  Jour.  Zola  à  dame 
Justice  :  les  invités  ne  viennent  'pas,  ils 
ne   trouvent  'pcis   le    menu    de    leur  goût. 

7.  —  La  dernière  exécution.  Voilà  mon 
gè^iêral  !  mais  même  coupée,  elle  par- 
lera !...  Un  juge  présente  à  un  officier  du 
conseil    de    guerre  la    tête  de  Zola. 

8.  —   Leur  Juif  errant.    Esterhazy. 

9.  —  Un  accident  a  la  foire  des  opi- 
nions. 

10.  —  Le  Foot-ball  au  Uhlan.  Le  jeu 
consiste  à  fie  jamais  laisser  tomber  la 
halle.  La  justice  civile  et  la  justice  mili- 
taire se    renvoyant   Esterhazy. 


—   68  — 

11.    —     La     Joyeuse     entrée      d'Esteriiazy 
1^'    empereur. 


12.  —  Veillée  de  Pâques.  —  Le  Cauche- 
mar   DU     UlILAN. 

13.  —  La  France  au  commandant  Este- 
RHAZY.  Monument  au  pied  duquel  la  foule 
amassée  crie  :  Vive  Tarmée  !  Conspuez 
Zola  ! 

14.  —  La  Bonne  mère.  Marianne  :  — 
Faut  pas  avoir  peiir,  "^non  chéri:  Ce 
7test   qu'un    êpouvantall  ! 


—  m  — 

15.  —   Les    mauvais    serviteurs.    Marianne  : 

—  Quoi  I  Vous  dormez  Fellsque.  Allons 
videz-moi  çà,  ce  que  ça  pue  dcms  la 
maison    ! 

16.  —  Le  Président  chez  la  somnambule. 
Mlle  Gouedon  :  Parmi  tant  de  coupa- 
bles,  comment    trouver  le  coiq^ahle  ! 

17.  —   Drame  de    Campagne. 

18.  —   Rêve... VISION. 

19.  —  A  LA  caserne  de  Thémis.  —  Un 
pas  en  avant  et  deux  en  arrière. . . 
arche  ! 

20.  —  La  suprême  comédie  au  théâtre  de 
la  Justice.  —  Les  grands  rôles  jouent 
derrière  le  rideau,  pendant  les  entr' 
actes. 

21.  —   Liberté.  —  Egalité.  —   Fraternité. 

—  L'application  actuelle.  —  Et  mainte- 
nant,   M^    Lindiscret,    vous    pouvez  poser 


—    70  — 

aux    témoins   les  questions   que   vous  vou- 
drez I 


22.     —     Fermez      vos     boites,     scrongnieu- 

GNIEU. 


23.  —  Vive  l'armée  !  ou  la  manifestation 
QUI  passe.  —  La  sentinelle  —  :  sacrehleu  ! 
Vive  r armée,  oui  vive  V armée  !!  mais 
si  on  n'eoiléve  au  plus  tôt  toute  cette 
houe,  je   vais  être  englouti   ! 

24.  —  A  propos  des  grandes  manœuvres. 
—  La  "inarche  2jé7iible.  Pauvres  'petits 
pioupious  obligés  de  piétiner  dans  les 
déjections   de    leurs  grands  chefs  ! 

25.  —  Les  surprises.  —  Lici,  Geôlier  II! 
Rochefort. 

26.  —  Les  surprises.  —  A  mon  avis  la 
Presse  a  un  tout  autre  rôle  à  jouer,  que 
celui  qui  consiste  à  calomnier  un  homme 
et  à  se  faire  le  pourvoyeur  de  prison. 
(M.    de  Rougemont). 


—    71   — 

27.  —  Ce    qui    se  PASse...    d'après    l'Evan- 

GILE    ANTISÉMITE. 

28.  —  DioGÈNE  MODERNE.  —  Lcs  cù'Cons- 
tances  sont  telles  que  nous  aurons  bientôt 
un    homme.   (Edouard   Drumont). 

29.  —  Le  Culte  nouveau.  —  Les  trois 
adorateurs  :    Philipp.    Victor    et   Henri. 

30.  —   A    l'ombre   !    Infâme    I 

31.  —  Le  jouet  de  fin  d'année  dédié  par 
JULIO  aux    vilains   enfants    de   paris. 

32.  —  Et  c'est  ainsi,  infortunés  Fils  de 
France,    que  vous  faites   la    Lumière  ! 

33.  —  La  dame  voilée  découverte  par  Julio. 
—  Elle  n'est  qu'un  figurant  du  mélodrame. 

34.  —  Le  plus  horrible  de  tous  les   crimes. 

35.  —  L'insensé,  il  veut  enterrer  l'blmor- 
TELLE  Justice.    Dédié  à  M.   Méline. 

36.  —  La  réponse  de  Julio  a  une  calomnie 
bien  parisienne. 


—  72    — 

Cette  collection  existe  aussi  en  texte 
flamand. 

Hommage  a  Zola.  —  (Bruxelles).  La  Jus- 
tice et  le  Droit  cherchant  la  Vérité.  La 
Justice  et  Zola  (le  droit)  s'élèvent  dans 
Tespace   portés    par   un   dragon. 

Révision.  (Suisse).  1  carte  en  chromo. 
La  République  française  montée  sur  un 
vampire.  Au-dessus,  le  soleil  de  la  révision. 
A  gauche  un  soldat  donnant  la  main  à  un 
ouvrier. 

Justice.  (Berne).  Portraits  de  Dreyfus, 
Labori,  Zola  et  Picquart.  Au  milieu,  la 
justice  les  yeux  recouverts  d'un  bandeau. 
Carte    couleur  lie    de    vin. 

Le  Plat  du  Jour.  (Genève  1899).  De 
cette  série  de  7  cartes,  une  seule,  la  pre- 
mière, nous  intéresse.  Elle  porte  le  n°  1 
Janvier     1899.     On    voit     dans    le    lointain, 


—  73    — 

sous  les  traits  d'une  vieille  femme,  Tannée 
1898  qui  s'en  va.  Au  premier  plan,  la 
jeune  année  1899  s'avance  vers  Dreyfus  et 
Picquart  et  leur  dit  :  «  Comment  c'est 
encore  vous  l  Vous  n'êtes  donc  pas  partis 
avec  la  vieille  !  »  Picquart  et  Dreyfus  lui 
répondent  :  «  Excusez-nous,  Madame,  notre 
Etat-Major  tient  à  faire    durer    le   plaisir.    » 

Le  Bordereau.  3  cartes.  Document  n°  1  : 
fragment  autographe  «  sans  nouvelles  m'in- 
diquant...  »  ;  document  n°  2  ;  lettre  de 
Dreyfus  datée  24  Janvier  189o,  dépôt  de 
Saint-Martin-de-Ré  ;  document  n"  3  ;  écri- 
ture de  Esterhazy.  Tirage  en  bleu,  portraits 
de    Dreyfus   et    Esterhazy    en  noir. 

Série  Hollandaise.  (Amsterdam).  Série  de 
3  cartes  dont  l'enveloppe  est  la  reproduction 
du  bordereau.  I,  Dreyfus  à  l'île  du  Diable.  II. 
Cayenne.  Le  départ  de  Dreyfus  le  29  juin 
1899.    Fac-similé    d'un    dessin     qui    m'a   été 


—   74   — 

révélé    par  un  gardien,   signé  Jean   Hess.  III. 
Portraits    de    Zola,   Picquart   et  Labori. 

Au  recto,  dans  le  bas,  sur  une  seule  ligne 
les  mots  ^^ Refusé  par  la  j^oste  française'', 
sont  imprimés  en  rouge. 

La  Justice  militaire  (Nuremberg).  —  Dessin 
allégorique  de  E.  Nister,  portraits  de  Zola 
à  gauche  et  Dreyfus  à  droite. 

La  Grâce  de  Dreyfus.  Même  sujet  que  le 
précédent,  imprimé  en  vert,  poésie  texte  en 
allemand. 

Carte  postale  officielle  de  la  Guyane. 
Adressée  à  Madame  Lucie  Dreyfus  par 
Paul  Dufourg  de  Gayenne  le  10  Juin  1899. 
(Collection  de  M.  Alphonse  Ochs).  Au  lieu 
d'une  gravure,  cette  carte  porte  le  texte  ci- 
après  : 

Madame  et  très  courageuse  Epouse 

C'est  aujourd'hui  même  que  part  pour  France 
votre  malheureux  mari,  sur  le  croiseur  S/ax. 


-   75  — 

La  population  est  joyeuse  et  la  satisfaction  se 
lit  sur  tous  les  visages. 

L'énergie. l'indomptable  volonté  et  la  conscience 
sereine  du  plus  grand  martyr  du  siècle  resteront 
un  enseignement  considérable  pour  l'humanité. 

Dieu  venant  de  le  soustraire  à  l'erreur  des  uns, 
l'injustice  des  autres,  Monsieur  Alfred  Dreyfus 
aura  longue  vie,  bonheur  et  prospérité. 

Ainsi  soit-il. 

La  même  carte  adressée  à  M.  Mathieu 
Dreyfus  commence  ainsi  : 

Cher  Monsieur, 

Vos  efforts  ont  abouti.  La  Justice  triomphe. 
C'est  aujourd'hui  même  que  part  pour  France 
votre  malheureux  frère,  etc. 

Carte  postale  d'Italie  datée  Grosseto 
12  settembre  1902. 

Au  verso  une  seule  phrase  imprimée  : 

«  Un  saluto  dalla  forte  Maremma  alla  vittima 
di  partigiana  giustizia  ». 

(Collection  de  M.  Paul  Hadamard). 


—  76  — 

Je  suis  innocent  (Milan).  Composition  de 
Luca  Fo'^nari.  L'humanité  en  deuil  foulant 
à  ses  pieds  le  démon  du  mensonge  tient  de  sa 
.main  gauche  les  attributs  de  la  Justice  et  de 
sa  droite,  couronne  un  portrait  médaillon 
de  Dreyfus,  des  palmes  du  martyr. 

Au  bas,  trois  anneaux  entrelacés  sur  lesquels 
les  mots  :  Condentia,  Fldentla,  Spes.  Tout 
le  sujet  occupant  la  droite  de  la  carte  se 
détache  sur  une  mer  immense  ;  à  l'horizon  le 
soleil  de  la  vérité. 

Au  recto,  l'adresse  imprimée  :  Madame  Lucie 
Dreyfus  à  Rennes. 

Les  VRAIS  TRAITRES  (Allemagne).  —  La  partie 
principale  du  dessin  représente  une  séance 
du  conseil  de  guerre  de  Rennes,  à  gauche 
portraits  du  Colonel  Henry  et  du  Majo/' 
Esterhazy,  carte  simili  en  bleu. 

Cartes  hébraïques  de  Roumanie.  —  Vues  de 
Roumanie    en     chromo-lithographies   ;     texte 


F 


Padi  DUFOUR© 

fHJSTAU  52 

CAYENNE  CART 


PO  S" 


T    F 


II 


Madame  Lucie  DREYFUS 

23,   rue  du  (§haleaudun. 


m 


Madame  -        ^        ^^^--^ 

JCIE  DREYFUS 


RENNES 


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LO'tiO>.;    jirrN.SOfti 


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K';  -r    •:,- 


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■y      -;  ^■•T  =--.'<  -■■'-=1 


ComspoDdîitz-lfartf 


Carlolina  Postale 


,i.v: 


CARTE    P()ST\l 

VV'eltpostverciri 


v'Vt^flt  ^  >  <l 


1 


K0 


i  Alfred  Dreyfus 


Rennes 


ALEfJUHIVERSeLLE 

CARTA/^PO^TALA      '■ 


avec  son  honor.   famille 


PARIS 


I 


*t^ 


/^ 


-^^ 


Carte  hébraïque  de  lloumaaie  (recto  et  verso) 
Caries  diverses  à  l'adresse  du  Capitaine  et  de  Madame  Alf.  Dreyfus.  {Collection  de  M.  Alphonse  Ochs). 


—    79   — 

hébraïque  dont  voici  l'explication  1  Pre- 
mière ligne,  traduction  littérale  d'une  phrase 
consacrée  par  la  tradition  :  «  Qu'une  bonne 
année  te  soit  inscrite  et  scellée  pour  5659  » 
{5659  est  Vannée  de  Vère  Juive  qui 
correspond  à  Vannée  1898-99  de  Vère 
chrétienne), 

La  deuxième  ligne  compte  dix  lettres 
dont  chacune  représente  l'initiale  de  la 
dénomination  hébraïque  des  dix  plaies  d'E- 
gypte {Allusion  aitx  fléaux  dont  Dieu 
accabla  les  Egyptiens,  persécuteurs  des 
Isrèalites) . 

Les  troisième  et  quatrième  lignes  for- 
ment une  phrase  composée  de  dix  mots. 
Les  initiales  de  ces  dix  mots  constituent 
un  anagramme  obtenu  par  la  répétition, 
dans  Tordre  numérique  des  dix  lettres  de 
la  deuxième  ligne.  (//  importe  de  ne  pas 
oublier  que  Vhébreu  se  lit  de  droite  à 
gauche.  Les  caractères  de  la  3'  lettre, 
seconde  ligne   et  de   Vinitiale   du  3^   mot, 


—  80  — 

troisième  lig)7e,  bien  que  îiayant  pas  la 
même  forme,  ont  la  menue  l'aleur  ewpho- 
nique). 

Traduction  des  3^  et  4^  lignes  en  suivant 
le    texte    original    aussi    près    que    possible  : 

Zola,  Dreyfus  :  Vérité  ;  Drumont,  Esterhazy  :  Fausseté 
Bientôt  luira  l'Innocence. 

Pour  bien  comprendre  le  mélange  mysti- 
que et  humoristique  de  ce  texte,  il  faut  se 
rappeler  que  le  Conseil  des  Ministres  décida 
le  17  Septembre  1898,  de  saisir  la  Commis- 
sion consultative,  instituée  au  ministère 
de  la  justice,  de  la  demande  en  révision 
du  procès  du  capitaine  Dreyfus,  date  qui 
coïncidait  précisément  avec  le  premier  jour 
de    l'année  juive. 

Le  texte  se  termine  par  deux  lignes  en 
français  : 

Sincères  félicitations. 

Vive  la  France  ! 


—  81   — 

Deux  dessins,  2  cartes,  la  première  porte 
à  gauche  le  portrait  de  Dreyfus,  et  à  droite 
l'ile  du  diable.  Dans  ce  dessin,  la  vieille 
prison  est  marquée  par  un  A,  et  la  nouvelle 
par  un  B. 

La  seconde  carte  contient  à  gauche  le 
portrait  d'Henry  et  à  droite  celui  d'Ester- 
hazy  :  une  partie  de  la  carte  est  occupée 
par  une  gravure  représentant  une  séance  du 
Conseil  de  Guerre. 

Le  Capitaine  Alfred  Dreyfus.  Portrait  en 
tenue,  phototypie  teinte  verte. 

Alfred  Dreyfus,  portrait  en  civil.  Photo- 
typie très  médiocre  sur  une  photographie 
retouchée,  figurine  à  gauche. 

Carte-Vue  de  Mulhouse.  Maison  où  est  né 
Alfred    Dreyfus. 

Colonel  Picquart,  à  gauche,  portrait  photo- 
typie en  vert. 

E.  Zola.  Portrait  en  simili  d'après  la  pho- 

6 


—   82  - 

tographie  de  Gerschel,  légende  autographe 
((  la  vérité  est  en  marche  et  rien  ne  l'arrê- 
tera »,  Emile  Zola.  Publié  par  l'almanach  des 
cartes  postales  illustrées.  Décembre  1901. 

Emile  Zola.  Portrait  à  gauche.  Légende  : 
Emile  Zola,  Romancier  français,  né  à  Paris, 
22  Avril  1840. 

La  liberté  n'est  rien  pour  moi  sans  l'honneur, 
(Berlin).  Portrait  de  Dreyfus  en  civil,  2  car- 
tes, l'une  en  français  l'autre  en  allemand. 
Légende  : 

Le  gouvernement  de  la  République  me  rend  ma 
liberté. 

Elle  nest  rien  pour  moi  sans  l  honneur. 

Dès  aujourd'hui,  je  vais  continuer  d  poursuivre 
la  réparation  de  V effroyable  erreur  judiciaire  dont 
je  suis  encore  victime. 

Je  veux  que  la  France  entière  sache  par  un  juge- 
ment définitif  que  je  suis  innocent.  Mon  cœur  ne 
sera  apaisé  que  lorsqu'il  ny  aura  plus  un  Français 
qui  m'impute  un  crime  quun  autr^e  a  commis  ». 

Alfred  Dreyfus. 


Carte  de  Jossot  (Rare) 


—    85   — 


Procès    Dreyfus    avec    légende    :    «    Bravo 
Dreyfus.   Muth  !    Miith  !  »   (courage). 


HOLMAGES  AU  MARTYR,  HOMMAGES  AU  SAU- 
VEUR. Vive  la  justice,  vive  le  vainqueur  !  (Ber- 
lin) 2  Editions,  l'une  en  français,  la  seconde 
Français-Allemand.  Dreyfus  en  officier  don- 
ne une  poignée  de  main  à  Zola,  derrière 
eux   la  Victoire   les    couronne. 

Dreyfus  a  l'Ile  du  Diable.  (Berlin).  2 
dessins  en  simili  représentant  le  prisonnier 
dans  sa   cellule. 

I  Le  lever. 

II  Lettre   de    France. 

Souvenir  du  Procès  Zola.  Paris  1898. 
(Berlin)  2  cartes,  la  première  est  compo- 
sée de  portraits  d'amis  :  Picquart,  Mathieu 
Dreyfus,  Maître  Leblois,  Madame  Dreyfus, 
Jaurès,  Scheurer-Kestner  ;  la  seconde, 
des     adversaires     :     Du      Paty      de     Clam, 


—  86  — 

Mercier,    Gonse,    de    Boisdefïre,   de    Pellieux, 
Henry. 

Erinnerung  an  dex  Zola  Prozess.  —  Paris 
1898.  (Berlin  1898),  1  carte  avec  portraits 
de    Labori,    Dreyfus,    Esterhazy   et   Zola. 

Alfred  Dreyfus  et  ses  enfants.  (Berlin). 
Portrait  en  civil  de  Dreyfus  et  de  ses  deux 
enfants,    Pierre  et  Jeanne. 

Fac-slahle  d'une  lettre  du  Capitaine 
Dreyfus  a  son  épouse.  (Berlin).  1  carte.  La 
lettre  commence  par  cette  phrase  :  «  Chaque 
fois  que  je  t'écris...  »  et  se  termine  par  ce 
post-scriptum  :  «  Et  pour  tous  chers  pa- 
rents, chers  frères  et  sœurs,  du  courage  et 
une  indomptable  volonté  que  rien  ne  doit 
ébranler,    que   rien  ne  doit  afYaiblir  ». 

Carte  triple  en  longueur  (Nuremberg). 
Composée    de     trois     dessins    pour    illustrer 


—   87  — 

une    mélodie    allemande    sur    un    air     popu- 
laire :    ((    Sais-tu    ma    chère    mère  ». 

I  Dreyfus   prend   congé    de   sa  femme  ; 

II  L'Ile    du    Diable  ; 

III  Retour  en  France  et  première  entre- 
vue  de  Dreyfus    avec  sa    femme. 

Après  quatre  ans  et  demi  de  séparation 
(Allemagne).  Débarquement  de  Dreyfus  et 
entrevue  avec  sa  femme,  dessin  signé  H.  T., 
texte    allemand. 

Capitain  Dreyfus  (Francfort).  Portrait  gravé 
sur  bois,  exemplaire  avec  couronne  taillée 
au  canif. 

Portrait  de  Dreyfus  en  officier.  (Berlin). 
Gravure  sur  bois  très  usée.  Légende  :  "  La 
vérité  est  en  marche  ".  Au  bas  de  la 
carte  à  gauche^  petit  dessin  de  l'ije  du 
Diable.    La  même   carte    existe    en    coloris. 

Faaiille  Dreyfus.  (Berlin).  Portraits  de 
Monsieur,   Madame   Dreyfus  et  leurs  enfants. 


—  88  — 

Alfred  Dreyfus  et  sa  famille  (Berlin). 
Dess.  644,  Monsieur  et  Madame  Dreyfus  et 
leurs    enfants. 

Capitaine  Dreyfus  (Stuggard).  Portrait  à 
gauche. 

Il  n'y  a  plus  d'affaire  Dreyfus  (Berlin).  La 
carte  est  entièrement  occupée  par  le  por- 
trait de  Dreyfus  en  civil.  Légende  :  «  Il 
n'y  a  plus  d'affaire  Dreyfus,  voilà  l'affaire 
jugée.    )) 

Dreyfus  a  l'Ile  du  Diable.  (Leipzig).  En 
haut  vue  de  l'Ile,  à  droite  Dreyfus,  à 
gauche    la    prison. 

Le  Retour  de  Dreyfus.  (Allemagne)  3 
cartes.  I  Dreyfus  recevant  la  nouvelle  de 
la  révision  de  son  procès  ;  dans  un  coin 
à  droite,  petit  croquis  de  l'Ile  du  Diable. 
II  Embarquement  et  départ.  III  Première 
entrevue  avec  Madame  Dreyfus,  débarque- 
ment   à    Quiberon. 


—   89  — 

Emile  Zola.  "; —  (Allemagne  1898).  Por- 
trait  à  Peau-forte  de    Hans   Weyl. 

Emile  Zola.  (Berlin).  1  carte  portrait  en 
phototypie. 

Emile  Zola.  (Stiitggard) .  1  carte  portrait 
en    phototypie. 

Zola  (Vienne).  —  Portrait  en  photobro- 
mure. 

Emile  Zola  (Allemagne).  Portrait  extrait 
de  la  collection  Das  Grosse  Jahrhundert, 
série  D  n"  105.  A  paru  endeuillé  pour  la 
mort  du  romancier. 

Emile  Zola  (Allemagne).  Portrait  médail- 
lon  d'après  une   gravure  de  F.    Desmoulins. 

Emile  Zola.  (Paris  1898).  —  Portrait 
gravé  sur  bois,  dans  le  genre  de  ceux 
publiés  quotidiennement  par  V Eclair,  sur 
bristol    azuré.    Imp.    42,    rue   Taitbout. 


00   — 


Emile  Zola.  (Paris  1902).  —  Portrait 
gravé  d'après  une  photographie  de  Nadar, 
légende  autographe  '^  La  Vérité  est  en 
marche    et   rien   ne   l'arrêtera    ". 

Zola  (Dûsseldorf).  —  Portrait  en  simili- 
gravure, signature  autographe. 

Emile  Zola 
Francfort).  — 
Portrait  de  l'au- 
teur de  V  As- 
sommoir gravé 
à  l'époque  de 
la  publication 
de  ce  roman  ; 
le  même  cliché  existe  dans  une  couronne 
de  laurier  tiré  en  vert.  Enfin  sur  une  troi- 
sième carte  les  rubans  sont  aux  couleurs 
françaises. 

Colonel  Picquart.  (Berlin).  Portrait .  avec 
légende    à      droite.    Affaire     Dreyfus.     «   Je 


Çj^\\z      j^\a 


—    91   — 

veux  que  Von  sache  que  si  fy  trouve  le 
lacet  de  Lemercier-P Icquart  ou  le  rasoir 
d'Henry^  ce  serait  un  assassinat  !  Jamais 
un  honrine  qui  a  la  conscience  pure  ne  se 
suicide  et  je  suis  prêt  à  tenir  tête  avec  la 
même  sérénité   à   tous   mes  accusateurs  ». 

Au-dessous  la  même  déclaration  en  alle- 
mand. 

Daté   Paris   21    septembre    1898. 

Oberst  Picquart.  (Allemagne).  A  gauche, 
portrait  du  colonel,  à  droite  poésie  et 
anagramme,   texte    Allemand. 

Portrait  de  Picquart  (Allemagne).  1  carte 
portrait    à    gauche. 

Portrait  d'Esterhazy    (Berlin).     Portrait    à 

gauche  et  au-dessous    cette    devise   :    ((    Le 

revers  de  la  médaille  c'est  Esterhazy  la 
canaille.  » 


-   92 

Portrait  d'Esterhazy  (C""  de  Madame  la 
Comtesse  de  Gepoy),  busie  en  pleine  carte 
d'après  photographie,  2  clichés  d'Esterhazy 
en    uniforme  dont   un    avec   képi. 

Maître  Labori  (Berlin).  1  carte  ayant  à 
gauche  le  portrait  de  M'  Labori  avec  cette 
légende  en  français  et  en  allemand  :  «  Le 
vaillant  combattant  pour    justice  et  vérité.  » 

Labori  (Francfort).  Portrait  gravé  sur 
bois.  Même  édition  avec  couronne  de  lau- 
riers   imprimée   en   vert. 

Labori  (Allemagne).  Portrait  en  simili, 
cliché   forme  ovale. 

Labori  (Allemagne).  Portrait  en  buste, 
similigravure,  tirage  en  bleu,  édition  por- 
tant le   n°    538. 

Trois  portraits  (Allemagne).  Maitre  Labori, 
Hauptmann     Dreyfus,     M'    Démange.     Cette 


—   93  — 

carte  porte  dans  le  bas  à  gauche  des 
sincères  félicitations  pour  le  nouvel  an  en 
texte  hébreu  et  allemand  (C°°  de  M.  Paul 
Hadamard). 

Quatre  portraits  sans  légende  (Stutggard). 
1  carte.  A  gauche  portraits  de  Labori, 
Zola,    Dreyfus    et    Esterhazy. 

Souvenir  du  procès  Zola  (Allemagne).  Six 
portraits  en  bleu  disposés  en  éventail  : 
Clemenceau,  Zola,  Dreyfus,  Esterhazy,  Bil- 
lot,   Méline. 

Neuf  Portraits  sans  légende  (Allemagne). 
Simili  gravure,  tirage  en  bleu.  Portraits 
de  Démange,  Dreyfus,  Labori,  Trarieux, 
Scheurer-Kestner,  Brisson,  Jaurès,  Mornard, 
Reinach. 

République  Française  1894-1899.  Affaire 
Dreyfus  (Berlin  1899).  1  carte  avec  onze 
portraits  :    Zola,    Picquart,    Faure,    Dreyfus, 


—    94  -- 

Labori,   Brisson,  Rochefort,  Zurlinden,  Ester- 
hazy,   Cavaignac,    Mercier. 

Les  trois  grands  français  ou  la  triplice 
INTIME  (Berlin).  1  carte  texte  français  et 
allemand,  portraits  en  pliototypie  de  Dru- 
mont,    Rochefort    et    Déroulède. 

Dreyfus-Zola- EsTERHAZY  (Berlin).  Trois  por- 
traits de  diverses  provenances  ;  celui  de 
Esterhazy    manque   de   ressemblance. 

Une  séance  du  Conseil  de  Gueuiie  a 
Rennes  1899  (Allemagne).  1  carte  avec 
légende   en   allemand    et    en   français. 

La  Vérité  (Milan) .  Composition  décora- 
tive en  couleurs  signée  F.  R.  A  droite  la 
vérité  et  à  gauche  un  médaillon  avec  por- 
trait d'Emile  Zola  sur  fond  or.  Légende 
«  La  Vérité  est  en  marche  et  rien  ne 
l'arrêtera  !  ».    Lettre    d'Emile    Zola. 


-  95   - 

Des  exemplaires  de  cette  carte  portent 
en    imprimé  :    Pro-Zola. 

Gartolina  plébiscite  d'ammirazione  per  lo 
stremo    propugnatore   délia    verita. 

Portraits  chromo  (Italie).  4  cartes  médio- 
cres, portraits  de  Dreyfus,  Labori,  Picquart 
et    Zola. 


Senator   Scheurer-Kestner  (Francfort).  Por- 
trait gravé   sur    bois. 


Dreyfus  et  Labori  (Italie).  1  carte  formée 
de    ces   deux   portraits   en    ovales. 

L'Ile  du  Diable.  (Italie).  1  carte-vue  sur 
papier   bleu. 

Casemate  de  Dreyfus  a  l'île  du  Diable. 
(Prague).  Vue  avec  un  portrait  médaillon 
du    capitaui   Dreyfus. 

L'Affaire  Dreyfus.  (Autriche).  1  carte  con- 
tenant   21   portraits    en  médaillons  dont  4  de 


—  96  — 

plus  grande  dimension  et  qui  sont  ceux  de 
Dreyfus,  Zola,  Esterhazy  et  Picquart,  simili- 
gravure  d'après  photographies. 

L'Affaire  Dreyfus.  (Vienne).  1  carte.  Grou- 
pe de  28  portraits  de  personnages  politi- 
ques et  militaires  mêlés  à  l'affaire.  Simili- 
gravure   d'après    photographies. 

Série  de  quatre  cartes  couleur  orange, 
dessinée  par  Fracasse,  le  verso  de  ces  cartes 
est  encadré  d'un  tour  vert  d'eau  d'un  effet 
assez  original. 

I.  Portrait  de  Jaurès  en  train  de  faire  un 
bon  repas  qui  est  arrosé  par  de  l'eau  du 
Jourdain. 

II.  Le  général    Mercier. 

III.  Carte  reproduisant  le  linge,  dit  de  la 
Sainte  face,  et  dont  la  figure  du  Christ  est 
remplacée  par  celle   de  Drumont. 

IV.  Brisson  ayant  pour  auréole  un  triangle 
de  Franc-maçon  et  sa  tête  est  posée  sur  une 
truelle. 


—  97  — 

Dans  la  vente  du  dessinateur  E.  Cou- 
turier, décédé  le  28  avril  1903  à  l'âge  de 
34  ans,  nous  avons  trouvé  deux  des  cartes 
dont  nous  ne  parlions,  dans  notre  préface,  que 
d'après  notre  excellent  confrère  Georges  Bans. 

Ce  sont  les  cartes  de  Jossot  et  d'Ernest 
La  Jeunesse.  Cette  dernière  représente  des 
soldats  en  marche  que  regardent  défiler  Dé- 
roulède,  Barrés,    Coppée  et  consort. 

Enfin  comme  dernier  document,  et  un  peu 
aussi  à  titre  de  curiosité,  nous  donnons  une 
liste  très  succincte  des  diverses  personnalités 
politiques,  militaires,  journalistes,  littéraires, 
artistes  et  mondaines  qui  ont  peu  ou  prou 
touché  à  ^'  l'Affaire  ",  et  dont  quelques-unes 
même  n'ont  dû  la  reproduction  de  leur  ligure 
dans  les  éditions  Laussedat  et  autres  qu'à 
cette  circonstance  : 

Les  Présidents  :  Gasimir-Périer,  Félix 
Faure,  E.    Loubet. 

Les  Ministres  de  la  Guerre  :  Mercier,  Billot, 


—   98   — 

Gavaignac,    Zurlinden,     Galliffet,    André.     — 
Les    Généraux    de  Boisdeflre,    Saussier,    etc. 

Les  Ministres  :  Dupuy,  Méline,  Brisson, 
W  aldeck-Rousseau . 

Barres,  Brunetière,  Bjôrnson,  Gassagnac, 
J.  Glaretie,  Glémenceau,  F.  Goppée,  Dérou- 
lède,  Drumont,  A.  France,  Guérin,  Gyp, 
A.  Hermant,  M.  Habert,  J.  Lemaître,  Arthur 
Meyer,  Oct.  Mirbeau,  M.  Nordau,  G.  Pollon- 
nais,   M.    Régis,   Ribot,    Rochefort,    Séverine, 

MORT    D'EMILE    ZOLA,    1902 

Emile  Zola,  portrait,  lithographie  d'Orens, 
deux  éditions  dont  une  avec  bordure  noire, 
tirage  à    30.000  exemplaires. 

Zola  (U.  A.)  1902,  carte  en  simili  d'après  un 
dessin  sur  Gillot,  d'une  facture  assez  mau- 
vaise, groupant  quelques  héros  des  Rougon- 
Macquart  autour  d'un  portrait  du  roman- 
cier. 


—   99  — 

Emile  Zola  (Paris  1902).  Caricature  de  T. 
Bianco. 

La  mort  de  Zola  (Paris  1902).  Dessin 
colorié  accompagné  d'une  chanson  sur  l'air 
en   vogue  de    «  Ninette  ». 

Zola    la    Mouquette 

Est   mort    et   bien  mort, 

Et   puis   dans   la   poudrette 

Poudrette,    poudrette 

Dreyfus   qui   le   regrette 

Partagera   son   sort. 

Souvenir.  —  Emile  Zola.  Portrait  gravé 
sur  bois  par  A.  Verax,  encadré  de  noir, 
Hayard  Ed. 

Emile  Zola  dans  son  cabinet  de  travail  de 
LA  rue  de  Bruxelles,  photographie  au  bro- 
mure, extraite  de  la  collection  Dornac  «  les 
Contemporains  chez  eux». 

Douze  portraits  de  Zola  dont  9  cartes 
d'après  les  clichés   de    Gerschel  le  représen- 


—  100  — 

tant  seul  ou  avec  son  ami  Desmoulin,  et  3 
autres  cartes  portant  les  n°'  130,  131,  132 
d'après  la  photographie  de  Nadar,  photo- 
typie  N.-D. 

Villa  d'Emile  Zola  a  Médan.  1  carte  pho- 
to ty  pie    en   vert. 

Zolas  Tod,  carte  de  publicité,  non  illus- 
trée, envoyée  aux  journaux  sous  forme  de 
pynère  cV  Insérer  par  un  inventeur  alle- 
mand, fabricant  d'un  appareil  «  Le  Papil- 
lon »  s'adaptant  aux  cheminées  pour  en 
garantir  le  bon  fonctionnement.  Les  mots 
Zolas  Tod  en  caractères  gras  et  encadrés 
de    noir  sont  placés   au    milieu   du    texte. 


REPRISE    DE     '   L'AFFAIRE   '    -    1903 

Le  Cake-Walk  Jaurès-Dreyfus  .  (Février 
1903)  lithographie  d'Orens  à  250  exem- 
plaires. 


—  lui  — 

Arènes  des  Folies-Bourbon.  Séance  du  23 
mars  1903.  Personnages  :  Lasies,  Ribot  et 
Jaurès  qui  y  prononce  cette  phrase  :  «  J'ac- 
cepte la  responsabilité  de  la  reprise  de 
l'Affaire   Dreyfus    ». 

Un  fronton  diabolique  forme  le  décor  de 
la  scène  au  dessus  de  laquelle  plane  Drey- 
fus,  dessin  d'Orens. 

Leur  1'"  Avril,  Série  de  6  cartes  par 
Orens.  La  5^  intitulée  un  poissofi  qui  ira 
loin  représente  Jaurès  faisant  manœuvrer 
un  poisson  lequel  a  la  tête  de  Dreyfus  coif- 
fée d'une   balance  surmontée  d'une   étoile. 

Dreyfus  par  Asper,  25  Avril  1903,  carte 
à  10  exemplaires.  Sur  un  fond  noir  chargé 
de  nuages  rouges,  Dreyfus  se  profile  tenant 
en  ses  mains  la  Petite  RèpiMique  et  sa 
lettre  au  général  André. 

Légende  :    «  Dreyfus   rentre  drans   la  carrière. 

Parce   que  frère  Jaurès  l'a  voulu.  » 

(Nouvelle  Marseillaise). 


—  102  — 

La  Continuation  de  l'œuvre.  "25  Avril  1903. 
Dessin  de  Delamarre  tiré  à  75  ex.  Dreyfus 
reçois  de  Jaurès  une  lettre  qu'il  adressera 
au  Général  André.  En  haut  à  droite  se 
dresse    l'ombre    de    Zola. 

L'affaire  Dreyfus  revient  par  Delamarre 
Carte  en  couleurs  rouge,  vert  et  jaune 
4rée  à  75  ex.  Demande  d'enquête.  Dreyfus 
passe  la  frontière. 

Nous  reviendrons,  par  Polja.  Lithographie 
à  150  ex.  Jaurès  sortant  de  la  Chambre,  le 
dossier  de  là  l'affaire  sous  son  bras,  est 
poursuivi  par  des...    objets    parlementaires. 

Le  leader  socialiste  et  Fausse-dépéche, 
deux  cartes  extraites  d'une  série  de  huit  des- 
sins par  Rostro  (Mai  1903).  La  première 
représente  Jaurès  jouant  de  l'orgue  de  bar- 
barie,  derrière  un  diablotin  (Dreyfus)  qui 
sort  de    sa    boîte.    La    seconde  est  Cavaignac 


—  103  — 

recevant  sur  la  tête  un  pavé    sur  lequel  on  lit 
faiisse-dèpêche. 

Les  faux,  par  Steinlen,  Avril  1903.  Présen- 
tant un  tableau  à  Rochefort.  Esterhazy  lui 
dit  :  Et  celui-là,  un  petit  Guillaume  II  signé 
bien  authentique. 

«  Pas  de  blague,  lui  répond  le  pamphlétai- 
re, en  peinture  je  m'y  connais,  collez-cà  à 
Meyer  ou  à  Millevoye  ». 

A  LA  RECHERCHE    DU  FAIT    NOUVEAU,     par   AspCr, 

Mai  1903,  carte  au  crayon  bleu  et  coloriée. 
(10  ex.).  Dreyfus  dont  la  tête  sort  d'une  boite 
sur  laquelle  est  écrit  ;  Envoi  du  Boersen 
Courrier  (Prusse),  prononce  le  mot  traître 
en  face  d'Esterhazy,  qui,  les  bras  croisés 
semble  protester  en  même  temps  qu'il  cherche 
à  dissimuler  un  casque  prussien  placé  der- 
rière lui. 

Légende  :  Walzin  Estherazy  (sic)  dément. 
Alors  !  à    qui  le    casque  ? 


—  104  — 

Cette  Nouvelle  liste,  minutieusement  col- 
lationnée  sur  notre  première,  s'est  complé- 
tée de  certaines  pièces  omises  ou  inconnues 
que  nous  devons  à  l'extrême  obligeance  de 
Madame  la  Comtesse  de  Cepoy  et  MM.  Paul 
Hadamard  et  Albert  Lévy. 

Les  cartes  récemment  parues  ainsi  que  les 
événements,  ne  semblant  pas  nous  autoriser 
à  écrire  ici  le  mot  FIN,  nous  datons  simple- 
ment    notre     opuscule    du    6     Juin     1903. 

X.  G.  et  Ch.  F. 


Reproduction,  même  partielle,  interdite  sans   l'autorisation  des 
auteurs  et  de  l'éditeur. 


AUXRRRE-PARIS.    —   IMPRIMERIE  A.   LAMER 


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Bibliothèque  des  Sciences  maudites.  —  Tirage  Umité.  —  3  volumes  sont  en 
préparation. 

Collection  de  l'Histoire  par  la  Cartophilie.  —  i  volume  paru.  —  4  volumes 
en  préparation. 

SPÉCIALITÉ  DE  TRAVAUX  POUR  LE  COMPTE  DES  AUTEURS 


Bulletin    Mensuel    de    la    Carte    Postale    Illustrée 


Les  amateurs  de  Cartes  postales,  en  lisant  le  «  Cartophile  »,  bulletin  mensuel  de  la 
carte  postale  artistique,  trouveront  dans  cette  charmante  publication  :  des  études,  docu- 
ments, informations,  concours,  primes,  etc.,  les  intéressant. 

Le   «  Cartophile  »  ne  coi'ite  que  2  trancs  par  an  pour  la  France,   Etranger  2  fr.   50. 

Administration  :  5,  Rue  du  Croissant,  5,  PARIS  (2*) 

ENVOI      FRANCO     D'UN     SPÉCIMEN 


IMPRIMERIE    A.    LANIER.    —    AUXERRE 


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